En 2000, la déclaration d'Abuja, diffusée par le sommet africain «Roll Back Malaria» demandait aux pays africains de «Rendre les traitements [du paludisme] disponibles et accessibles aux groupes les plus pauvres de la communauté». Etant donné les problèmes croissants de résistance, cela signifie assurer l'accès non seulement aux traitements anti-paludisme de 1ère, 2nde et 3ème lignes mais également aux antimalariens dérivés de l'artémisinine, nouveaux et donc plus chers.
Cependant, pour mettre au point des stratégies efficaces visant à améliorer l'accès aux antimalariens, une représentation claire doit tout d'abord être obtenue de leur disponibilité actuelle, du financement des achats, de la capacité de réglementation et contrôle pharmaceutiques et des mécanismes visant à assurer une sélection et un usage rationnels. Même si certaines des données pertinentes sont disponibles au sein des ministères de la Santé des pays où le paludisme est endémique, elles ne sont pas souvent décomposées et ne peuvent pas être utilisées de manière optimale pour la planification, les budgets ou les rapports.
Pour aborder ce problème, un outil d'étude a été mis au point et testé au Kenya. L'outil comprenait des éléments d'une méthodologie d'établissement des prix de médicaments déjà développée par Health Action International et l'OMS (voir Calculer le coût des médicaments, page 14). Les résultats de l'étude ont montré que:
• les ressources pour l'achat d'antimalariens sont limitées
• même s'il existe des défauts au niveau de la qualité de la prescription, la distribution des antimalariens est souvent appropriée
• les antimalariens sont largement disponibles
• les prix des antimalariens dans les installations sanitaires privées varient considérablement
• la surveillance après commercialisation pour l'évaluation de la qualité des antimalariens est sporadique
• les patients qui pensent souffrir du paludisme consultent principalement des installations sanitaires publiques
• 83% des patients à la recherche de soins médicaux pour le paludisme ont reçu un diagnostic de paludisme
• 86% des patients ayant reçu un diagnostic de paludisme ont obtenu les médicaments qui leur ont été prescrits
• 77% de ceux qui ont obtenu les médicaments les ont pris correctement.
Une étude similaire sera effectuée en 2003 au Ghana, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie.

Les prix (US$) de 8 antimalariens à base d'artémisinine variaient considérablement dans le secteur privé au Kenya en 2002