Bien prescrire les médicaments - Guide pratique
(1994; 146 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
Table of Contents
View the documentRemerciements
View the documentPourquoi ce manuel est-il nécessaire?
Close this folderPremière section: Vue d’ensemble
Close this folderChapitre 1. Déroulement d’un traitement rationnel
View the documentDéfinition d’un traitement de prédilection pour la toux sèche
View the documentÉtapes successives de la prescription rationnelle
View the documentConclusion
View the documentRésumé
Open this folder and view contentsSection 2: Comment choisir ses médicaments de prédilection
Open this folder and view contentsSection 3: Comment traiter ses patients
Open this folder and view contentsSection 4: Comment garder à jour ses connaissances
Open this folder and view contentsAnnexes
View the documentCouverture arrière
 

Définition d’un traitement de prédilection pour la toux sèche

Plutôt que de passer en revue chaque fois qu’on a besoin de soigner une toux sèche tous les médicaments possibles, vous devez d’emblée en choisir un qui deviendra votre premier recours classique, votre moyen de prédilection. De manière générale, vous devez à cette fin spécifier votre objectif thérapeutique, répertorier l’éventail des traitements puis en choisir un que vous estimez être à la fois plus efficace, plus sûr, mieux adapté et moins onéreux que les autres. La marche à suivre pour définir un traitement de prédilection est résumée dans le présent chapitre; on l’approfondira dans la deuxième section de ce manuel.

Spécifiez votre objectif thérapeutique

En l’occurrence, on veut définir un traitement de prédilection pour couper une toux sèche.

Répertoriez les divers traitements possibles

Un traitement peut revêtir quatre aspects, qui éventuellement se combinent: informations ou conseils; thérapie non médicamenteuse; thérapie médicamenteuse; orientation-recours.

Pour la toux sèche, il est possible d’informer et de conseiller le patient en lui expliquant que la muqueuse ne guérira pas à cause de la toux, et en lui indiquant d’éviter de fumer et de se trouver dans la circulation et ses gaz d’échappement, car cela augmente l’irritation. Pour cette affection, il n’existe aucun traitement non médicamenteux spécifique; en revanche, on peut la soigner avec divers médicaments. C’est pendant vos études à la faculté que vous devrez opter pour un médicament de prédilection et apprendre à le connaître parfaitement. Pour traiter une toux sèche, le médicament de prédilection pourrait être soit un antitussif contenant un opioïde, soit un antihistaminique exerçant un effet sédatif. Enfin, on pourrait demander des examens biologiques pour le patient ou l’envoyer chez un autre praticien (orientation-recours), ce qui dans le cadre du traitement initial d’une toux sèche ne s’impose pas. Bref, le traitement d’une toux sèche peut consister à conseiller au patient d’éviter ce qui favorise l’irritation du poumon, à couper la toux à l’aide d’un médicament, ou encore à faire l’un et l’autre.

Choisissez votre traitement de prédilection en tenant compte de son efficacité, de son innocuité, de son adéquation et de son coût

Vous devez maintenant comparer les diverses possibilités de traitement et, pour cela, scientifiquement et objectivement, vous référer à quatre critères: l’efficacité; l’innocuité; l’adéquation; le coût.

Si le patient veut et peut suivre les conseils visant à éviter l’irritation pulmonaire par le tabagisme, la pollution atmosphérique, etc., il devrait guérir, l’inflammation de la muqueuse disparaissant probablement en quelques jours; cette solution est sûre et bon marché. Toutefois, le besoin de nicotine peut être tel que le fumeur ne parvient pas à suivre la consigne.

Les antitussifs à base d’opioïdes tels que la codéine, la noscapine, la pholcodine, le dextrométhorphane, ou ceux qui contiennent des opiacés - morphine, diamorphine ou méthadone - suppriment le réflexe tussigène, ce qui permet à la muqueuse de se régénérer, encore que moins efficacement si les poumons continuent d’être irrités. Les effets secondaires les plus fréquents de ces produits sont la constipation, les vertiges et la sédation. À haute dose, ils peuvent même déprimer le centre respiratoire, tandis qu’à long terme un épuisement d’effet se développe parfois. Les antihistaminiques sédatifs tels que la diphénhydramine sont utilisés comme antitussifs dans de nombreuses préparations; ils induisent tous de la somnolence, cependant que leur efficacité est contestée.

L’appréciation de ces caractéristiques constitue l’étape la plus difficile d’un choix qui n’appartient qu’à vous-même. Bien que ce qui ressort des données soit passablement clair, les prescripteurs ont affaire à des contextes sociaux variés et à diverses possibilités de traitement. C’est pourquoi le présent manuel se propose de vous enseigner non pas quoi choisir, mais comment choisir, en fonction des ressources des systèmes de santé dont vous dépendez.

Si l’on considère ces deux classes de médicaments - antitussifs et antihistaminiques sédatifs - force est de conclure que les moyens de soigner une toux sèche sont limités. Aussi bien, maints prescripteurs feront valoir qu’on n’a guère besoin de médicaments de ce genre, ce qui est particulièrement pertinent concernant les multiples préparations contre la toux ou contre les refroidissements qu’on trouve sur le marché. Quoi qu’il en soit, pour les besoins de l’exemple qui nous occupe, on admettra qu’une toux sèche non productive est parfois très gênante et que sa suppression durant quelques jours peut avoir des effets bénéfiques. Pour assurer une efficacité optimale, on préférera alors choisir un médicament contenant un opioïde.

Dans ce groupe, c’est probablement la codéine qui convient le mieux; on la prescrit sous forme de comprimés ou de sirop. La noscapine, elle, peut avoir des effets tératogènes; elle ne figure pas au Formulaire national britannique, bien qu’elle soit homologuée dans plusieurs pays. Quant à la pholcodine, on ne la trouve pas sous forme de comprimés. Ni la noscapine ni la pholcodine ne figurent sur la Liste modèle de l’OMS. Enfin, les opiacés, plus forts, ne sont recommandés qu’en phase terminale de maladie.

Vu ce qui précède, nous proposerions comme traitement de prédilection ce qui suit. Pour la plupart des patients souffrant d’une toux sèche à la suite d’un refroidissement, les conseils donneront de bons résultats s’ils sont pratiques et acceptables compte tenu de la situation de chaque malade. L’intérêt du conseil est qu’il est certainement plus sûr et meilleur marché que les médicaments; si l’état du patient ne s’améliore pas dans la semaine qui suit, on pourra prescrire de la codéine. Si le traitement médicamenteux n’est pas suivi d’effet au bout d’une semaine, il conviendra de revoir le diagnostic et de s’assurer de la bonne observance.

Pour la toux sèche, la codéine est notre médicament de prédilection. La posologie standard pour les adultes est de 30 à 60 mg 3 à 4 fois par jour (Formulaire national britannique). On pourrait aussi envisager d’utiliser la noscapine et la pholcodine.

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Last updated: May 3, 2013