Médicaments essentiels: Le point No. 028 & 029 - Numéro double
(2000; 36 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
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Montée en puissance du Centre iranien d’information sur les médicaments et les poisons

• SHEKOUFEH NIKFAR, MOHAMMAD ABDOLLAHI, ABDOLMAJID CHERAGHALI*

*Le Dr Shekoufeh Nikfar est le directeur du Centre d’informations sur les médicaments et les poisons, à Téhéran, le Dr Mohammad Abdollahi est co-titulaire de la chaire de pharmacologie et de toxicologie à la Faculté de Pharmacie, Université des Sciences médicales de Téhéran, et conseiller scientifique au Centre d’information sur les médicaments et les poisons, à Téhéran. Le Dr Abdolmajid Cheraghali est co-titulaire de la chaire de pharmacologie et de toxicologie, Faculté de Médecine, Université des Sciences médicales de Baghiyatallah, et conseiller scientifique au Centre d’information sur les médicaments et les poisons, à Téhéran, Iran. Pour tout complément d’information, contacter le: Centre d’information sur les médicaments et les poisons, 2éme étage, Sous-secrétariat d’état aux aliments et aux médicaments, Ministère de la santé, Rue Fakhr-E-Razi, Avenue Engheleb, Téhéran, Iran.

La pharmacothérapie devient de plus en plus complexe, les patients ayant de plus en plus de médicaments à leur disposition pour traiter leurs maladies. De nouveaux médicaments sur ordonnances sont introduits à une rapidité incroyable1,2,3; les gens en entendent parler par les médias et de plus en plus souvent par Internet. Les patients réclament ces médicaments avant même que leurs médecins n’aient eu le temps de se faire une opinion à leur sujet. La publicité a elle aussi entraîné une hausse de la demande pour les médicaments en vente libre et la phytothérapie, pour les thérapies nutritionnelles et même pour l’homéopathie. Des études ont montré que des problèmes liés aux médicaments et aux poisons existent en République islamique d’Iran, comme dans de nombreux pays et qu’il manque un centre d’information sur les médicaments. Pour répondre aux besoins des professionnels de la santé et des consommateurs4, nous avons ouvert le premier centre d’information sur les médicaments et les poisons à Téhéran, en février 1 997. Où en sommes-nous au bout de trois ans et demi de travail acharné?

Dix personnes travaillent au Centre, à savoir deux médecins, deux pharmaciens et des spécialistes en pharmacologie et en toxicologie. Bien situé en centre ville, le Centre est ouvert de 8 h du matin à 8 h du soir. En dehors des heures d’ouverture, les usagers peuvent laisser un message sur le répondeur ou envoyer leurs questions par courrier postal ou électronique. Nous répondons aux questions par téléphone ou par écrit. Le personnel remplit un formulaire standard de demande, indiquant nom, adresse, profession, formation, les antécédents du patient, note la question et la catégorie de la question, la réponse et les références utilisées. Les membres du personnel enregistrent également l’âge, le poids, le sexe, le diagnostic, les allergies et les traitements en cours ainsi que tout autre information utile fournie lors de la conversation et pouvant avoir un rapport avec la question. Le formulaire de demande est contresigné par le superviseur qui étudie les réponses. Si nous pensons qu’un demandeur a eu une réaction indésirable à un médicament, nous signalons l’incident au Centre national de surveillance des réactions indésirables, avec lequel nous collaborons étroitement.

Nous sommes rigoureux sur la qualité et un comité interne au Centre examine régulièrement les formulaires de réponse, regarde les références utilisées et vérifie que les réponses sont claires, précises et complètes.

Rapide, efficace et de plus en plus populaire

Nous avons analysé 31 931 demandes pour évaluer le type d’utilisateurs, les questions posées et les références utilisées entre février 1997 et janvier 2000. La plupart des questions ont été posées verbalement (85 %), 3 % ont reçu une réponse écrite seulement et 12 % ont reçu des réponses verbales confirmées ensuite par écrit. Moins de quinze minutes ont suffi pour répondre à 90 % des questions alors qu’il a fallu plus de quinze minutes et jusqu’à un maximum de deux jours pour 10 % des questions. Le nombre de demandes est passé de 6 500 la première année à 16 898 entre février 1999 et janvier 2000. Le nombre et le type de questions posées au Centre sont indiqués dans le tableau 1. La plupart concernent des problèmes d’usage thérapeutique (indication et efficacité), d’empoisonnement, de grossesse et d’allaitement et des effets indésirables. Parmi les cas d’empoisonnement, la plupart des demandes concernent les médicaments (70 %), suivis par d’autres produits chimiques (20 %) et les plantes ou les toxines naturelles (10 %).

Tableau 1

Classification des questions reçues au Centre d’information sur les médicaments et les poisons entre février 1997 et janvier 2000 (n=31931)

Questions

Nombre

Fréquence (%)

Usage thérapeutique

5109

16

Empoisonnement

4470

14

Grossesse et allaitement

3832

12

Effets indésirables

3512

11

Posologie

3193

10

Toxicomanie

3098

9,7

Efficacité comparative thérapeutique

2554

8

Interaction

2235

7

Substitution

1277

4

Précautions

958

3

Identification des produits étrangers

639

2

Contre-indications

639

2

Métabolisme

319

1

Compatibilité pharmaceutique

96

0,3

Les médecins (26 %), les pharmaciens (25 %) et les patients ou leurs proches (25 %) sont les usagers les plus fréquents alors que les infirmières (8 %), les dentistes (6 %) et d’autres professionnels de la santé (5 %) nous consultent moins. Les médecins nous posent surtout des questions sur la posologie et les indications thérapeutiques des médicaments, tandis que les spécialistes s’intéressent plutôt à l’efficacité comparative et à la toxicité des médicaments, en particulier lorsqu’il s’agit de nouveaux médicaments. La plupart des pharmaciens demandent des informations sur les formulations, les interactions, l’identification des produits étrangers et la substitution. Les infirmières nous posent fréquemment des questions sur la pharmacocinétique, la posologie et la compatibilité des médicaments par voie intraveineuse. Environ 10 % des patients expliquent qu’ils contactent le Centre faute d’avoir reçu de leur médecin ou de leur pharmacien une information sur l’utilisation et les effets des médicaments prescrits. 40 % considèrent que les informations qui leur ont été fournies ne sont pas claires ou insuffisantes par certains côtés et 50 % veulent un second avis pour vérifier la précision des informations fournies par le médecin ou le pharmacien.

Le tableau 2 présente une répartition des questions se rapportant aux médicaments, suivant une classification thérapeutique anatomique. Les questions sur les médicaments agissant sur le système nerveux central (principalement les antidépresseurs et les anticonvulsivants) sont les plus courantes, suivies par celles se rapportant aux médicaments gastro-intestinaux (surtout les anti-acides), les anti-infectieux systémiques (en particulier les fluoroquinolones, les céphalosporines et les pénicillines), les préparations hormonales systémiques (principalement les hormones sexuelles et thyroïdiennes, suivies par les antidiabétiques), les médicaments cardiovasculaires (surtout les bêtabloquants et les antihypertenseurs), les médicaments agissant sur l’appareil génito-urinaire (essentiellement ceux traitant l’impuissance et les troubles de l’érection), les médicaments dermatologiques (particulièrement ceux utilisés pour traiter l’acné et l’alopécie), les médicaments respiratoires (surtout les agents antiasthmatiques). Nous recevons également des questions sur les médicaments traitant des groupes de maladies spécifiques telles que l’hépatite, le cancer, les maladies du système immunitaire, une déficience des facteurs de la coagulation et la thalassémie.

Tableau 2

Répartition des questions ayant trait aux médicaments selon le système de classification chimique thérapeutique anatomique entre février 1997 et janvier 2000

Catégorie de médicaments

Nombre

Fréquence (%)

Système nerveux central

6386

20

Système gastro-intestinal

4790

15

Anti-infectieux systémiques

4151

13

Préparations hormonales systémiques

3832

12

Système cardio-vasculaire

3831

12

Appareil génito-urinaire

3193

10

Dermatologie

1916

6

Appareil respiratoire

1914

6

Médicaments antinéoplasiques/
immunodépresseurs

957

3

Sang et organes hématopoïétiques

319

1

Divers

642

2

Nous tirons le plus fréquemment nos références des bases de données DRUGDEX (utilisée dans 48,9 % des demandes), POISINDEX (16 %), TOMES (8 %) et EMERGINDEX (7 %). Parmi nos ouvrages, nous nous reportons le plus souvent à Drugs in Pregnancy and Lactation de Briggs. D’autres ouvrages fréquemment utilisés sont The Extra pharmacopoeia de Martindale, suivie par Basic and Clinical Pharmacology, Merck Manual, de Kathzung, Principles of Internal Medicine, de Harrison, Drug Information Source du Service de Formulation de l’hôpital américain et Medical Toxicology de Ellenhorn. Les bases de données bibliographiques de IOWA Drug Information, la Medline et certains sites Internet utiles sont également consultés régulièrement pour effectuer des recherches de documentation médicale (Tableau 3).

Tableau 3

Références les plus fréquemment utilisées au Centre d’information sur les médicaments et les poisons, entre février 1997 et janvier 2000 (n=31931)

Nom de la référence

Nombre

Fréquence (%)

DRUGDEX Micromedex international health care series

15615

48,9

POISINDEX Micromedex international health care series

5109

16

TOMES Micromedex international health care series

2554

8

EMERGINDEX Micromedex international health care series

2235

7

Briggs Drugs in pregnancy and lactation

1 596

5

Martindale The extra pharmacopoeia

734

2,3

Kathzung Basic and clinical pharmacology

639

2

Merck manual

639

2

Harrison Principles of internal medicine

638

2

AHFS Drug information source

638

2

Ellenhorn Medical toxicology

447

1,4

MEDLINE

416

1,3

IOWA drug information services

319

1

Autres

352

1,1

Plus qu’un simple service de renseignements

Les demandes ayant trait aux médicaments et aux empoisonnements occupent la plus grande partie du temps. Mais dans nos efforts pour éduquer et promouvoir l’usage rationnel des médicaments, nous ne nous contentons pas d’attendre les questions. Comme le montre le Tableau 4, le Centre participe aux comités thérapeutiques et pharmaceutiques; organise des ateliers, des séminaires et des conférences dans le cadre de son programme de formation et d’éducation; publie des bulletins d’information, des brochures et des études, effectue des recherches bibliographiques; met en place des campagnes d’informations médiatiques en vue d’accroître l’usage rationnel des médicaments et transmet des rapports au Centre national de surveillance des effets indésirables des médicaments. Plus la popularité du Service s’accroît, plus s’élargit l’éventail des organisations que nous soutenons.

Le Centre fait en sorte que les documents qu’il produit répondent aux besoins des utilisateurs. Ainsi, lorsque nous effectuons des contrôles de qualité sur nos réponses, nous évaluons en même temps le besoin de supports éducatifs sur des sujets particuliers. A titre d’exemple, nous avons reçu des questions de jeunes gens sur les effets des anabolisants pouvant être utilisés en culturisme. Nous avons immédiatement amplifié la diffusion des informations sur ce sujet au cours de séminaires, dans les médias et dans nos bulletins d’information.

Devant la popularité de nos bulletins sur les médicaments et les poisons, le Centre a créé un service d’abonnement, qui compte plus de 20 000 professionnels de santé. Ils reçoivent régulièrement des articles promouvant l’usage rationnel des médicaments, s’appuyant souvent sur les questions les plus intéressantes qui nous sont parvenues.

Nous voulons que le plus grand nombre possible d’iraniens aient accès aux informations sur les médicaments, et pas seulement ceux vivant dans la capitale. Nous avons donc implanté de nouveaux centres d’information sur les médicaments et les poisons - plus de 15 à ce jour - qui tous disposent d’un ordinateur et ont accès aux références (voir la carte). Le Centre de Téhéran les soutient en leur fournissant des éléments de référence et en leur attribuant des fonds.


De nouveaux centres d’information sur les médicaments et les poisons sont implantés dans tout l’Iran

Centres d’information sur les médicaments et les poisons

Notre première évaluation du Centre nous permet d’être optimistes sur son avenir. D’après les réponses aux questionnaires qui leur sont distribués pendant les séminaires, les professionnels de la santé pensent que notre Service exerce une influence sur les modes de prescription des médicaments et, dans la plupart des cas, les utilisateurs sont satisfaits des conseils reçus. Le nombre croissant des demandes d’informations et des utilisateurs constitue un autre indicateur positif.

Nous voulons maintenant tirer parti de ce succès. Le Centre prépare actuellement d’autres supports de références destinés aux professionnels de la santé et utilise de plus en plus le courrier électronique pour transmettre aux patients des informations sur des maladies spécifiques. Nous intensifions notre évaluation des sources Internet pour le compte des patients. Nous envisageons également de mettre en place un système informatique facilitant l’analyse des informations et fournissant des éléments sur les activités et l’efficacité du Centre.

Notre personnel pense que son efficacité pourrait être encore accrue si le rôle et l’utilisation des centres d’information sur les médicaments étaient intégrés dans les programmes d’enseignement et de formation continue destinés aux professionnels de la santé. Nous souhaitons également une meilleure formation en toxicologie appliquée, pour réduire le grand nombre des demandes qui nous parviennent sur les empoisonnements.

Notre travail auprès du public est très important, d’autant plus depuis que nous avons découvert à quel point les patients manquent d’informations sur les médicaments qui leur sont prescrits et se trouvent de plus en plus exposés à la publicité et aux informations transmises par les médias. Transmettre des informations exactes, impartiales et pratiques sur les médicaments et les poisons est l’un des meilleurs moyens de neutraliser l’influence de la publicité et de réduire les effets indésirables associés aux médicaments. Notre analyse des questions a montré que ce type d’information fait défaut en Iran et a mis en lumière le rôle crucial que le Centre peut jouer dans le système des soins de santé et dans la communauté.

Tableau 4

Pourcentage de temps consacré aux activités du Centre d’information sur les médicaments et les poisons entre février 1997 et janvier 2000

Activité

Fréquence (%)

Fournir des informations sur les médicaments et les poisons

30

Produire des bulletins et des brochures

14

Organiser des séminaires et des conférences

10

Transmettre des rapports au Centre de surveillance des effets indésirables

10

Préparer des articles de presse

9

Organiser des ateliers, assurer formation et enseignement

8

Implanter de nouveaux centres d’information sur les médicaments et les poisons

7

Participer aux comités pharmaceutiques et thérapeutiques

5

Effectuer des recherches documentaires

4

Mener des campagnes médiatiques d’information

3

Bibliographie

1. Johnson JA, Bootman JL. Drug-related morbidity and mortality. Arch Intern Med 1995;155:1949-1956.

2. Fontanarosa PB, Lundberg GD. Alternative medicine meets science. JAMA 1998; 20:1615-22.

3. Rodriguez C, Arnau JM, Vidai X, Laporte JR. Therapeutic consultation: a necessary adjunct to independent drug information. Br J Clin Pharmacol 1993;1 35:46-50.

4. Hemminki E, Herxheimer A. Should drug information be an integral part of health care? J R Coll Physicians Lond 1996;30:104-6.

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