Médicaments essentiels: Le point No. 028 & 029 - Numéro double
(2000; 36 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
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Efforts conjoints pour faire baisser le prix des antituberculeux

• MARCOS ESPINAL, RAJESH GUPTA, MARIO RAVIGLIONE*

* Les auteurs travaillent pour l’Organisation Mondiale de la Santé, Groupe Maladies transmissibles, Elaboration de stratégies et surveillance des maladies endémiques bactériennes et virales, Maladies transmissibles: prévention, lutte et éradication.

De toutes les maladies infectieuses, la tuberculose reste l’une des principales causes de mortalité chez l’adulte1. Ces dix dernières années, la menace grandissante de la multirésistance de la tuberculose a commencé à compromettre les efforts déployés à l’échelle mondiale pour lutter contre celle maladie. La tuberculose à bacilles multirésistants est définie comme étant due à une souche de Mycobacterium tuberculosis résistante au moins à l’isoniazide et à la rifampicine, les deux antituberculeux les plus puissante. On a constaté que la chimiothérapie de courte durée utilisant des antituberculeux de première intention pour traiter les cas sensibles aux médicaments n’est pas aussi efficace dans les cas de tuberculose à bacilles multirésistants2. Dans certaines parties du monde (surtout dans les pays de l’ex Union Soviétique et de l’Europe de l’Est) les taux de tuberculose à bacilles multirésistants sont si élevés parmi les nouveaux cas et les cas préalablement traités, qu’ils sont considérés comme “des urgences pour la santé publique internationale” en raison du risque de propagation internationale qu’ils représentent3,4.

Pour faire face à celle situation préoccupante, l’OMS et plusieurs partenaires ont lancé des projets pilotes de prise en charge de la tuberculose à bacilles multirésistants dans le cadre d’un programme conditionné par des ressources limitées. Malheureusement, l’un des obstacles majeurs au traitement de ces malades est le coût très élevé des antituberculeux de deuxième intention nécessaires à la prise en charge de la tuberculose à bacilles multirésistants5. Les prix sur le marché libre de ces antituberculeux de deuxième intention au cours des trois dernières années sont montés jusqu’à 15 000 USD pour un protocole thérapeutique de 18 mois. En revanche, les antituberculeux de première intention utilisés pour la prise en charge de la tuberculose sensible aux médicaments ne dépassent pas 11 USD pour un protocole thérapeutique de 6 mois6. Pour faire baisser le coût de ces médicaments, le Groupe de Travail de l’OMS (créé spécialement pour traiter le problème de la tuberculose à bacilles multirésistants) a négocié avec les deux branches de l’industrie pharmaceutique, celle s’appuyant sur la recherche, et celle produisant les génériques. Ces négociations ont permis d’obtenir des prix préférentiels et une baisse du coût des protocoles thérapeutiques pouvant représenter 90 % par rapport aux prix du marché libre. Ces prix préférentiels ont été accordés en partie grâce à une stratégie mondiale d’achat des médicaments. La consolidation du marché sous la forme d’une source de demande unique a induit l’émergence de nouvelles forces sur le marché mais a permis aussi aux industriels d’anticiper la demande de façon plus précise, ce qui était très difficile auparavant.

Dans un même temps, afin de prévenir le mauvais usage de ces médicaments et la survenue d’une pharmacorésistance à leur égard (dernière ligne de défense chimiothérapeutique contre la tuberculose) la diffusion de ces médicaments à prix préférentiels est réservée aux projets qui adhèrent aux directives scientifiques normalisées définies par un organisme indépendant, le Comité Feu Vert7. Ce Comité, implanté à l’OMS, se compose actuellement de six organismes: les Centres de Prévention et de Lutte contre les Maladies, l’Ecole de Médecine de Harvard, Médecins Sans Frontières, le Programme national contre la Tuberculose - Pérou, l’Association Royale contre la Tuberculose des Pays Bas, et L'OMS (cette dernière assurant le rôle de membre permanent et de secrétariat). Le Comité Feu Vert travaille principalement par vidéoconférence, téléconférence et courrier électronique. Toutes ses décisions sont prises par consensus8.


Un patient en Tanzanie atteint de tuberculose, maladie de plus en plus courante et de plus en plus résistante aux médicaments - Photo: OMS/O. Harrer

Dans l’ensemble, le processus fonctionne bien grâce aux efforts conjoints de toutes les organisations concernées. Les projets pilotes ont pu bénéficier du système d’achat et des négociations; le dispositif mentionné garantit que des antituberculeux de haute qualité fournis à des prix préférentiels feront l’objet du meilleur usage possible qui sera soumis à une réglementation. Cette méthode d’achat garantit l’intégrité scientifique des projets pilotes et l’on pourrait envisager de l’appliquer à d’autre maladies infectieuses, notamment au VIH/SIDA.

Bibliographie

1. Raviglione MC, Snider DE Jr, Kochi A. Global epidemiology of tuberculosis. Morbidity and mortality of a worldwide epidemic. JAMA 1995, 273(3):220-26.

2. Espina MA et al. Standard short-course chemotherapy for drug-resistant tuberculosis: treatment outcome in six countries. JAMA 2000; 283(19): 2537-2545.

3. WHO, International Union Against Tuberculosis and Lung Disease. Anti-tuberculosis Drug Resistance in the World: WHO/IUATLD Global Project on Anti-tuberculosis Drug Resistance Surveillance, Report N°2. Geneva: World Health Organization; 2000. WHO/TB/2000.278.

4. Harvard Medical School and Open Society Institute. The global impact of drug-resistant tuberculosis. Programme in Infectious Disease and Social Change. 1999.

5. WHO. Procurement of second-line anti-tuberculosis drugs for DOTS-Plus Pilot Projects. Proceedings of a meeting. Gupta R, Brenner JG, Henry CL, et al, eds. Geneva: World Health Organization; 2000. WHO/CDS/TB/2000.276

6. Khatri. Personal Communication. 2000.

7. WHO. Guidelines for establishing DOTS-Plus Pilot Projects for the management of multi-drug resistant tuberculosis. Geneva: World Health Organization; 2000. WHO/CDS/TB/2000.279.

8. WHO. DOTS-Plus and the Green Light Committee. Geneva: World Health Organization, 2000. WHO/CDS/TB/2000.283.

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