Une résolution détaillée et complète sur le VIH/SIDA a constitué l’un des points forts de l’Assemblée mondiale de la santé qui s’est tenue à Genève en mai 2000. Quatre-vingt quinze pour cent des 34 millions de personnes atteintes du VIH/SIDA vivent dans des pays en développement. Et ce sont les représentants de ces pays qui ont plaidé avec succès pour obtenir de l’OMS qu’elle renforce son rôle de conseil sur les meilleures thérapies possibles et sur la façon de surmonter les problèmes de prix des produits pharmaceutiques et les difficultés d’accès aux médicaments. Lors des discussions sur la Stratégie pharmaceutique révisée, les délégués ont également souligné la nécessité, pour l’OMS, d’appuyer les approches plus globales de financement des médicaments et de lutter contre les dangers croissants des contrefaçons et des ventes sauvages de médicaments par Internet.
Dans les dispositions de sa résolution WHA53.14: Faire face à l’épidémie de VIH/SIDA, l’Assemblée mondiale de la santé prie le Directeur général d’appuyer la mise en place de systèmes de surveillance des prix des médicaments dans les Etats Membres, de promouvoir un accès équitable aux soins, y compris aux médicaments essentiels, de promouvoir l’usage rationnel des médicaments en renforçant la capacité des Etats membres à appliquer des systèmes de surveillance des médicaments, de continuer à mettre au point des méthodes et à apporter son appui pour suivre les répercussions des accords commerciaux sur la santé publique et sur l’industrie pharmaceutique. De nombreux délégués ont souligné la nécessité pour l’OMS de toujours veiller à parler en toute indépendance lorsqu’elle conseille les pays sur le sujet complexe des aspects du commerce liés à la santé.
Lors de l’une des nombreuses sessions annexes de l’Assemblée, des défenseurs de la santé publique, membres de l’Action Santé International, de Médecins Sans Frontières et de Consumer Project on Technology ont présenté un exposé commun aux Etats Membres sur les moyens d’améliorer l’accès aux médicaments essentiels. Et ils ont uni leurs voix pour appuyer l’OMS dans son rôle de transmission d’informations sur les prix de médicaments de qualité pratiqués dans le monde pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
S’attaquer aux contrefaçons de médicaments
A l’Assemblée, de nombreux participants ont assisté à un exposé technique sur la qualité des médicaments, centré tout particulièrement sur les contrefaçons. La présence de hauts responsables de la santé, de représentants d’Interpol, de l’industrie pharmaceutique et d’organisations non gouvernementales reflétait bien la multiplicité des facettes du problème. Les auditeurs ont appris comment des opérations hautement élaborées sont mises en place, dans lesquelles les criminels profitent de la moindre faille dans le contrôle des frontières. Les approvisionnements, la production, l’expédition, le changement d’étiquettes, le financement et la distribution de ces médicaments sont souvent dispersés dans différents pays.
Les participants ont demandé que les autorités judiciaires, les corps législatifs et l’industrie pharmaceutique coopèrent plus étroitement. Expliquant qu’il y avait un “besoin urgent d’agir”, le Dr Yasuhiro Suzuki, directeur exécutif du Département Technologie de la santé et produits pharmaceutiques de l’OMS, a parlé de la “combinaison redoutable entre la demande de médicaments à bas prix et le besoin de fortes marges bénéficiaires” qui rend les médicaments contrefaits si attirants pour les criminels et en fait une telle menace pour la société.