Le gouvernement français a averti que le taux de croissance des dépenses pharmaceutiques est encore beaucoup trop élevé et qu’il procède actuellement à la sélection des produits dont le prix devra baisser ou dont le taux de remboursement sera diminué, ou qui seront radiés de la liste des médicaments remboursables.
Au cours de sa conférence de presse de mai 2000, Martine Aubry, ministre de l’emploi et de la solidarité a déclaré que les dépenses de santé continuaient de croître fortement, particulièrement dans le secteur pharmaceutique dont les dépenses ont augmenté de 6,3 % en 1999. Alors que l’on prévoyait une réduction de 0,7 % pour l’année 2000, ce taux est bien supérieur aux 2 % que le gouvernement s’était fixé comme objectif. S’adressant à la Commission des comptes de la sécurité sociale peu avant sa conférence de presse, Mme Aubry a déclaré qu’il était “absolument nécessaire” d’aligner les dépenses pharmaceutiques sur les objectifs du gouvernement.

Un patient âgé, en France, où le gouvernement prend des mesures pour réduire l’augmentation des dépenses pharmaceutiques - Photo: OMS/E. Schwab
Elle a pris comme exemple les “ordonnances injustifiées”, expliquant que si certains produits occupent rapidement une part importante de marché, leur succès est dû, selon ses propres termes, à “des politiques commerciales agressives à l’égard des médecins plutôt qu’aux progrès qu’ils représentent pour la santé publique”. “L’information arrivant dans les cabinets des médecins est transmise par les laboratoires pharmaceutiques et seulement par eux” a-t-elle poursuivi. “Je ne critique pas l’industrie. Elle fait son travail, qui est de vendre et de vendre toujours plus. Mais ajoute-t-elle, il ne faut pas que les médecins soient “laissés seuls face à l’industrie”. Le gouvernement fournira aux médecins une information indépendante sur le bon usage des médicaments. Même si la progression des médicaments génériques utilisés par substitution est encourageante, Martine Aubry déclare qu’il faut rapidement lancer sur le marché un plus grand nombre de génériques.
Le Syndicat national de l’industrie pharmaceutique, le SNIP, a critiqué les 2 % de hausse des dépenses pharmaceutiques fixés comme objectif pour l’année 2000. Les initiatives du gouvernement pour réduire les coûts (directives de prescription, informatisation des cabinets médicaux, promotion des génériques et réforme du remboursement) étaient nécessaires, a déclaré le SNIP, mais elles ne sont pas parvenues à maintenir les dépenses dans la limite des 2 %.
Source: Scrip, No. 2543, 26 mai 2000.