Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique est en train d’élaborer la Stratégie en faveur de la médecine traditionnelle pour la région africaine (2000-2001). Elle a pour but d’aider les Etats membres à intégrer la médecine traditionnelle dans les systèmes et services de santé et de promouvoir son utilisation dans un contexte approprié et rationnel. En décembre 1999, l’OMS a organisé à Harare, Zimbabwe, une réunion consultative sur cette Stratégie, au cours de laquelle 23 experts de 15 pays ont mené pendant trois jours des débats intensifs.
Combattre les maladies prioritaires
Les participants ont recommandé l’élaboration de plans d’action pour appliquer la Stratégie dans les pays et dans la Région et aboutir ainsi avant 2020 à la parfaite intégration de la médecine traditionnelle dans l’ensemble des programmes sanitaires des pays africains. Une grande partie des débats était axée sur la protection des droits de propriété intellectuelle du savoir des autochtones en médecine traditionnelle et sur la culture et la conservation des plantes médicinales originaires de la région. Les délégués ont demandé à l’OMS d’apporter son soutien technique et financier à la mise au point de produits propres à la médecine traditionnelle pour lutter contre les maladies prioritaires, notamment le paludisme, l’hypertension, le diabète et les affections liées au VIH/SIDA.
A la clôture des débats, le Dr Ebrahim Samba, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, s’est déclaré en faveur de l’utilisation permanente des plantes médicinales et des médecines traditionnelles africaines dans la lutte contre les maladies. Il espère que ces produits traditionnels finiront par être exportés, une fois que des essais cliniques en auront démontré l’efficacité et l’innocuité. Le Dr Samba a souligné l’importance de cette stratégie pour l’économie africaine.
Pour donner suite à la réunion consultative de décembre, le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique a organisé à Harare, en février 2000, le Forum africain sur le rôle de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé. Plus de 100 participants venus de toute la Région ont discuté sur un large éventail de sujets, ont examiné les programmes de recherche en cours et à mettre en place sur les médecines traditionnelles et ont identifié certains problèmes de production locale. Ils ont énoncé les recommandations suivantes: instituer des cadres d’action juridiques et réglementaires pour promouvoir les médecines traditionnelles; créer ou renforcer des associations de médecins traditionnels et enfin accroître la collaboration entre les guérisseurs, les scientifiques et les médecins.