Tel est le message que le Comité Permanent des Médecins Européens, basé à Bruxelles, tient à faire passer aux personnes de plus en plus nombreuses de par le monde à commander des médicaments sur Internet. Dans une brochure récente1, le Groupement pharmaceutique prévient qu’il est très difficile d’appliquer à Internet le type de contrôles efficaces qui sont utilisés pour proscrire les pratiques choquantes ou répréhensibles dans les médias.
Chercher les ennuis...
La publication commence par rappeler que la commercialisation d’un médicament dans un Etat-Membre de l’Union Européenne n’est possible qu’une fois qu’il a satisfait à des critères stricts, puis insiste sur la nécessité de disposer d’informations précises et complètes sur le médicament. Elle passe ensuite en revue les principaux problèmes que pose l’achat de médicaments via Internet: absence de contact direct avec un médecin ou un pharmacien pour assurer que le médicament choisi convient et pour répondre aux questions concernant d’éventuels effets secondaires, ou publicité mensongère pour le médicament sur Internet. Le médicament peut en outre avoir été contrefait ou être de mauvaise qualité, et il sera sans doute difficile pour l’acheteur, si ce n’est impossible, de se faire rembourser par le système d’assurance maladie de son pays, même si les produits concernés sont normalement remboursés.

Référence
1.L’Internet et les médicaments: surfez sur Internet, mais ne jouez pas avec votre santé! Disponible en anglais et en français auprès du Groupement pharmaceutique de l’Union Européenne, Square Ambiorix 13, 1000 Bruxelles, Belgique. Tél.: +32 2 736 72 81; fax: +32 2 736 02 06; Mél: pharmacy@pgeu.org site web: http://www.pgeu.org
Doit-on donner des médicaments aux enfants pleins d’énergie?
Aux Etats-Unis, entre 10% et 12% des garçons âgés de 6 à 14 ans ont été diagnostiqués comme souffrant d’un trouble déficitaire de l’attention et sont traités au méthylphénidate. Un éditorial du International Journal of Risk and Safety in Medicine a décrit récemment la tendance actuelle à prescrire des médicaments aux enfants d’âge scolaire qui présentent des signes d’hyperactivité, d’inattention ou ont un comportement impulsif. Qu’un grand nombre d’enfants en bonne santé et sans problèmes répondent à cette définition n’a pas pour autant ralenti l’engouement pour le traitement. L’éditorial souligne qu’une telle pratique peut provoquer des effets secondaires graves sur le système cardio-vasculaire et sur le système nerveux central et créer une dépendance. Autre point négatif selon le Journal: un usage abusif de plus en plus fréquent du médicament, en particulier chez les adolescents.
L’éditorial suggère que si l’on en est là aujourd’hui, c’est en partie à cause du manque de coordination entre les psychiatres, les enseignants et les parents. Il met également en cause les liens étroits existant aux Etats-Unis entre les services de psychiatrie et l’industrie pharmaceutique. Le Journal rapporte qu’il n’est pas rare que les psychiatres membres des comités consultatifs auprès du Gouvernement soient personnellement en rapport avec des firmes pharmaceutiques.
Source: International Journal of Risk and Safety in Medicine 1998;11:1-3.
Nouvelles fonctions pour ASI-Europe
ASI-Europe a été invitée à devenir membre de l’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments. Dans une lettre qu’il a adressée à ASI, Ferdinand Sauer, Directeur exécutif de l’Agence, a dit qu’il «réfléchissait aux moyens d’associer au travail de l’Agence les parties intéressées, et notamment les organisations représentant le droit des consommateurs et des malades».
ASI a déclaré vouloir se servir de ses nouvelles fonctions au sein de l’Agence pour encourager la participation des consommateurs et instaurer une plus grande transparence dans la prise de décisions.