Médicaments essentiels: Le point No. 027
(1999; 28 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
Table of Contents
View the documentEDITORIAL
Close this folderUSAGE RATIONNEL
View the documentUsage rationnel: à Delhi nouvelle politique pharmaceutique
View the documentVers des compétences pharmacologiques définitives en Inde
View the documentMédicaments illicites: le Bénin frappe un grand coup
View the documentPratique de la pharmacothérapie fondée sur la résolution de problèmes
View the documentAfrique du Sud: comment apporter les médicaments essentiels à la population
View the documentArgentine: le Congrès fait la promotion de l’usage rationnel des médicaments
View the documentPopulation et médicaments en Afrique orientale
Open this folder and view contentsINFORMATION PHARMACEUTIQUE
Open this folder and view contentsACTUALITES
Open this folder and view contentsCOMMERCE MONDIAL
View the documentCOURRIER DES LECTEURS
View the documentNETSCAN
View the documentREUNIONS ET COURS
Open this folder and view contentsASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE
Open this folder and view contentsPOLITIQUE PHARMACEUTIQUE NATIONALE
View the documentVIENT DE PARAITRE
Open this folder and view contentsDONS DE MEDICAMENTS
 

Médicaments illicites: le Bénin frappe un grand coup

Au Bénin comme dans de nombreux pays, le nombre d’intoxications médicamenteuses augmente. Celles-ci peuvent entraîner des affections mortelles, comme des insuffisances rénales et hépatiques ou des crises cardiaques. Au Centre National Hospitalier et Universitaire de Cotonou, une dizaine de personnes en moyenne sont admises chaque jour pour des problèmes rénaux, et au moins l’une d’entre elles succombe: c’est là le résultat direct de la prise de médicaments achetés sur le marché parallèle (on parle de «systèmes parallèles de distribution» lorsque des médicaments sont distribués dans des points de vente ne faisant pas partie du système officiel de distribution et de «marché parallèle» lorsqu’on fait référence à la vente de ces médicaments). Dans le reste du pays, un nombre croissant d’hospitalisations et de décès sont dus à des intoxications médicamenteuses.

La Direction nationale de la Protection Sanitaire du Bénin estime que, malgré les risques encourus, 85% des Béninois s’approvisionnent sur le marché parallèle. Antibiotiques, antipaludéens et vermifuges sont les médicaments les plus demandés et sont tous d’origine douteuse. Ces médicaments contrefaits et souvent sousdosés proviennent généralement du Gabon, du Nigéria et de certains pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord.

Le marché parallèle est en grande partie aux mains de vendeurs ambulants qui n’ont ni la formation ni les compétences nécessaires pour délivrer des médicaments. Une étude menée dans dix localités a dénombré 6 000 vendeurs, dont la plupart sont des femmes.

Faire participer la communauté

Le phénomène a pris une ampleur telle que les autorités ont décidé de prendre des mesures. Afin de montrer au public sa détermination à combattre les vendeurs de médicaments illicites, l’armée et la police ont saisi et brûlé plusieurs tonnes de ces médicaments. En collaboration avec l’OMS, les autorités sanitaires ont lancé une série de séances d’information et de formation destinées aux responsables communautaires sur les dangers des médicaments et de leur vente illicite. Participent aux séances des chefs religieux, des commerçants, des agents de santé, des policiers, des élus locaux et des jeunes diplômés sans emploi.


Bénin: un plein panier de ces médicaments illicites qui provoquent des problèmes de santé et enrayent un peu plus le système de santé déjà saturé

Photo: OMS/Benin

Deux cent dix personnes venues des départements du Mono, de l’Atlantique et de l’Ouémé ont assisté à une réunion de sensibilisation tenue à Porto-Novo en avril 1999. Les interventions ont mis l’accent sur les risques potentiels des médicaments et sur le rôle crucial de la communauté dans la lutte contre les médicaments illicites. Les participants ont eu l’occasion de visionner un film vidéo récent sur le sujet, réalisé par le Service d’Information, d’Education et de Communication du Ministère de la Santé publique. Ils ont décidé de mettre sur pied trois comités chargés de sensibiliser le public à la question et de veiller à ce que les recommandations issues de l’atelier de Porto-Novo soient appliquées. Ils se sont mis d’accord sur un certain nombre de stratégies:

• répression effective des auteurs de circuits parallèles;

• application effective et généralisée des lois en vigueur;

• renforcement des contrôles aux frontières;

• suivi des médicaments dès leur sortie des entrepôts nationaux, afin de veiller à ce qu’ils restent sur le marché officiel;

• participation des organisations non gouvernementales et autres structures communautaires aux activités de sensibilisation de la communauté;

• participation des chefs religieux et autres leaders communautaires à la lutte contre la vente de médicaments illicites.

D’autres réunions se tiennent au Bénin, dont certaines sont destinées aux policiers et aux militaires chargés de réprimer la vente de médicaments illicites et d’autres aux responsables communautaires. A l’instar de Porto-Novo, ces réunions seront organisées par une organisation non gouvernementale, ARAMBE (Association pour la Recherche de l’Amélioration des Conditions de Vie au Bénin), en collaboration avec le Ministère de la Santé publique et l’OMS.

Recours aux médias

En août 1999, le Professeur Marina d’Almeida Massougbodji, Ministre de la Santé publique, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle elle a expliqué le recours généralisé au marché parallèle par l’absence de législation, de politiques et de stratégies de lutte contre ce fléau, et par la difficulté d’accès aux médicaments sur le marché officiel. Le manque de connaissances et l’incapacité des médias à sensibiliser la population aux risques que présentent les médicaments illicites ont aggravé la situation. C’est ce qui explique qu’une série de programmes radio et télévision soit sur le point d’être lancée pour remédier à cette situation.

to previous section to next section
 

Last updated: May 3, 2013