L’audit de l’OMS mené sur les dons à l’Albanie au cours du mois de mai 1999 a révélé de graves problèmes de qualité1. On a estimé que 50% des médicaments reçus au moment de l’afflux des réfugiés kosovars étaient inadéquats ou inutiles et devaient être détruits.
L’évaluation de l’ensemble des dons reçus en mai par l’Autorité albanaise chargée de la distribution des médicaments a révélé que 4 000 comprimés, 1 200 ballons de perfusion de grand volume et 16 000 tubes de pommade à usage externe étaient périmés avant même d’arriver dans le pays. Deux millions de comprimés, 85 000 flacons pour injection et 16 000 tubes de pommade à usage externe seront par ailleurs périmés avant la fin de 1999. La moitié des listes de colisage ne mentionnaient que les noms de marque, dont la plupart étaient inconnues des professionnels de la santé locaux. Seuls 28% des dons étaient conditionnés en grandes quantités, comme le stipulent les principes directeurs internationaux et 18% d’entre eux se présentaient sous la forme de petits emballages d’échantillons gratuits ou de médicaments rendus aux pharmacies. Certains dons ont même donné à penser que certaines firmes pharmaceutiques se servaient de la crise humanitaire pour se débarrasser de certains stocks superflus, pratique connue sous le nom de «déstockage».
En avril 1999, les autorités sanitaires albanaises ont assoupli les contrôles sur les importations dans le but d’accélérer l’entrée de médicaments et de fournitures médicales nécessaires de toute urgence pour les 460 000 réfugiés kosovars et pour répondre aux besoins constants du reste de la population albanaise. Avant même la crise des réfugiés, le système sanitaire albanais était largement tributaire des dons. Le pays ne parvenait en effet à couvrir que 20% des besoins pharmaceutiques et en fournitures médicales de ses hôpitaux. D’efficaces procédures administratives ont été mises en place pour veiller à la qualité des dons de médicaments. L’audit de l’OMS a étudié dans quelle mesure les donateurs se conformaient aux principes directeurs nationaux et internationaux en matière de dons de médicaments.
Des conseils clairs à l’intention des donateurs
Puisque les dons se dirigent désormais principalement vers le Kosovo, il faudra avant tout les coordonner, pour éviter les doubles emplois, le gaspillage et l’afflux de médicaments inutiles et inadéquats. Une fois encore, les donateurs sont encouragés à appliquer à la lettre les Principes directeurs applicables aux dons de médicaments 2(voir page 28).
Pour de plus amples renseignements, s’adresser à: WHO Humanitarian Assistance Project Office, Commission for Humanitarian Aid, Ministry of Health, Boulevard Bajram Curri, Tirana, Albanie. Tél.: +355 42 71 831 ou +355 42 72 522.
Références
1. WHO. Press release 9915, EURO/15/99, 30 June 1999. Copenhagen; World Health Organization, Regional Office for Europe.
2. WHO. Guidelines for drug donations, 2nd ed. Geneva: World Health Organization; 1999.