Médicaments essentiels: Le point No. 027
(1999; 28 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
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La Jordanie s’apprête à mettre en oeuvre sa politique pharmaceutique nationale

MARTHE EVERARD*

* Marthe Everard s’est rendue en Jordanie en tant que Consultant temporaire de l’OMS en 1997 et 1998. Elle dirigeait alors le Centre collaborateur de l’OMS, The Robert Gordon University, Aberdeen, Ecosse, R-U.

Bien que le Royaume hachémite de Jordanie souffre de la récession économique mondiale, ses indicateurs sociaux et sanitaires n’en sont pas moins impressionnants, témoignant du profond engagement du Gouvernement pour les programmes sanitaires, éducatifs et autres programmes sociaux. Le taux d’alphabétisation est supérieur à 80%, et malgré des ressources économiques et naturelles limitées, le pays compte un grand nombre de personnes qualifiées.

La Jordanie tente actuellement de surmonter les difficultés économiques qu’elle traverse en mettant en place des réformes. Le pays se dirige vers une économie de marché basée sur la concurrence, tout en étant fermement déterminé à asseoir les acquis du système social. La réforme du système de santé occupe une place centrale dans les plans nationaux et la Banque mondiale apporte l’appui technique et financier nécessaire. Si le système de santé couvre relativement bien (80%) les quatre millions d’habitants et que les résultats sont probants en matière de santé, les prestations sont coûteuses. Les services de santé sont inefficaces pour tout ce qui touche à la gestion en général, aux achats, à l’entreposage et à la distribution, à la politique des prix et à l’usage rationnel des médicaments.

En janvier 1997, la Jordanie a lancé un projet de réforme du secteur de la santé, dans le but de consolider les points forts du système. Les réformes s’attachent à:

• améliorer les structures de gestion des secteurs public et privé;

• promouvoir l’efficacité, par l’introduction de stratégies visant à réduire le coût des prestations de soins de santé;

• améliorer la pratique clinique et les soins pharmaceutiques, par l’assurance de la qualité;

• élargir l’accès financier et géographique aux services de santé.

Elaboration d’une politique pharmaceutique nationale

La Banque mondiale ayant fixé comme condition préalable à son aide qu’une politique pharmaceutique nationale soit mise en place, les travaux de rédaction ont commencé dans la première moitié de 1997. Ont participé à son élaboration des membres de divers Départements du Ministère de la Santé, des enseignants des facultés de médecine et de pharmacie, les Services médicaux du Royaume, l’industrie pharmaceutique locale, des sociétés d’importation privées et des grossistes et des pharmaciens d’officine. L’OMS a apporté un appui technique.

Priorités de la politique nationale

♦ ♦ ♦

• réviser et actualiser la législation et la réglementation pharmaceutiques;

• accorder à la Direction pharmaceutique un statut semiautonome;

• réorganiser le laboratoire de contrôle de la qualité;

• appuyer l’industrie pharmaceutique nationale;

• mettre en place un Conseil de coordination des achats groupés pour le secteur public et quantifier les besoins;

• créer une société commerciale autonome pour l’approvisionnement en médicaments;

• entreprendre une analyse coûtsbénéfices de l’usage des génériques et de la substitution par des génériques;

• étudier les répercussions des changements sur la politique des prix des médicaments;

• surveiller la mise en œuvre de la politique des médicaments essentiels, en particulier l’utilisation des listes de médicaments essentiels à tous les niveaux du système de santé publique;

• étudier l’effet du vieillissement de la population sur l’usage des médicaments.

Accord sur le cadre général

En octobre 1997, le projet de politique a officiellement été soumis à la critique du Ministère de la Santé et des rencontres régulières ont eu lieu avec les diverses parties concernées. La politique a été adoptée en juillet 1998, et fournit un cadre général au développement du secteur pharmaceutique jordanien.

La politique a pour but de:

• garantir l’accès à des médicaments et vaccins essentiels bon marché;

• garantir l’innocuité, l’efficacité et la qualité des médicaments;

• rationaliser l’usage des médicaments par les praticiens et la population;

• apporter son soutien à l’industrie pharmaceutique nationale, en mettant l’accent sur les médicaments essentiels.


Vieille ville d’Amman, capitale de la Jordanie. La nouvelle politique pharmaceutique nationale se traduit par des mesures concrètes, et toute la population y gagne

Photo: M.M. Everard

Couverture médiatique

En novembre 1998, la nouvelle politique a été présentée à l’occasion d’un atelier national a donné quelque 300 membres du Gouvernement, représentants des associations de consommateurs et acteurs du secteur privé. Ouvert par le Ministère de la Santé, l’atelier a été largement couvert par les médias et à donné lieu à des émissions radiodiffusées et télévisées sur l’importance de la politique.

Plan d’action réaliste

Le Comité chargé de la politique pharmaceutique nationale a mis sur pied un plan global de mise en œuvre sur cinq ans. Celui-ci classe les activités par ordre d’importance, désigne l’organe responsable, et prévoit le calendrier et le budget. Le Comité a pris soin de ne pas définir des activités trop ambitieuses ou irréalistes au cours de la première phase qui s’achèvera en 2003. Un Comité indépendant de suivi et d’évaluation supervisera la mise en œuvre de la politique.

La politique pharmaceutique nationale de Jordanie est le fruit d’années de préparation, de travail assidu et d’une vaste consultation, et n’aurait pas vu le jour sans le profond engagement du Gouvernement. Ses bases devraient être suffisamment solides pour que le pays parvienne à réformer le secteur pharmaceutique comme il l’entend.

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Last updated: May 3, 2013