LA Cinquante-et-unième session de l’Assemblée mondiale de la Santé, réunie à Genève en mai 1998, a élu le Dr Gro Harlem Brundtland, de nationalité norvégienne, au poste de Directeur général de l’OMS pour un mandat de cinq ans à compter du 21 juillet 1998. Le Dr Brundtland avait été proposée par la 101e session du Conseil exécutif de l’OMS en janvier 1998. Ancien Premier Ministre de la Norvège, et première femme à devenir directeur général de l’OMS, le Dr Brundtland a étudié la médecine à l’université d’Oslo et a obtenu le titre de “Master” en santé publique à l’université d’Harvard, aux Etats-Unis.

Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur Général de l’OMS
Photo: OMS
Après avoir prêté serment, le Dr Brundtland s’est adressée à l’Assemblée. Elle a immédiatement fait part de sa conviction qu’on peut changer les sociétés et combattre la pauvreté. “Cet enjeu nous concerne tous. L’OMS peut et doit changer. Elle doit devenir plus efficace, plus responsable, plus transparente et plus réceptive à un monde en pleine évolution”, a déclaré le Dr Brundtland. Faisant allusion aux processus complexes de transition auxquels l’OMS doit faire face, le nouveau Directeur général a déclaré: “La transition entre ce siècle et le siècle prochain sera marquée par des changements qui seront plus rapides et plus spectaculaires des points de vue économique, social et sanitaire (...) Nous restons confrontés à des défis formidables. Ils sont liés avant tout à la persistance de la pauvreté. Les déséquilibres sont frappants. Les habitants des pays en développement supportent plus de 90 % du fardeau des maladies et n’ont pourtant accès qu’à 10 % des ressources consacrées à la santé.” S’agissant de la transition entre les maladies transmissibles et les maladies non transmissibles, le Dr Brundtland a noté qu’ “il faut les combattre ensemble. Le poids de la morbidité est le poids des échecs du développement humain”.
Le Dr Brundtland a conclu son allocution en disant: “Ma motivation sera de changer le cours de choses - pouvoir donner de moi-même et compter parmi tous ceux qui sont prêts à travailler pour ce en quoi ils croient. J’envisage un monde où la solidarité reliera les nantis à ceux qui le sont moins, où nos efforts concertés aideront à faire reculer toutes les maladies de la pauvreté, et où ils assureront à tous l’accès à des soins de santé de qualité empreints de chaleur humaine. Aider le monde à se rapprocher de cet objectif, tel sera le sens de notre action”.
Le jour de son entrée en fonction, le Dr Brundtland a annoncé la composition de sa nouvelle équipe de direction. Sur les dix membres de son cabinet, huit sont extérieurs à l’OMS, et six sont des femmes. Ils sont répartis de manière égale entre le Nord et le Sud et toutes les Régions OMS sont représentées.
Les gouvernements soutiennent la campagne de l’OMS
Une bonne nouvelle est tombée au cours de la semaine où le Dr Brundtland a été élue Directeur général et où elle a annoncé que l’un de ses objectifs serait de faire reculer le paludisme: les dirigeants présents au sommet des huit pays les plus industrialisés organisé au Royaume-Uni, en mai 1998, ont décidé de soutenir la campagne de l’OMS contre les maladies infectieuses et parasitaires, en particulier le paludisme.
Conférence sur l’usage rationnel en Palestine
LA première conférence sur l’usage rationnel des médicaments en Palestine a réuni un groupe enthousiaste d’agents de santé, d’infirmiers (ères), des pharmaciens et de médecins de tout le secteur de la santé. Les porte-parole des ONG internationales et locales, des universités palestiniennes et des associations de médecins et de pharmaciens ont voulu que leur auditoire prenne conscience de l’importance de l’usage rationnel. Les débats ont porté sur les conséquences du mauvais usage des médicaments, les directives thérapeutiques standardisées, la politique de médicaments essentiels, l’information pharmaceutique, la formation continue des pharmaciens, l’assurance de la qualité et les dons de médicaments. La conférence marque une étape importante dans l’adoption d’une politique de santé qui réponde aux besoins de tous les Palestiniens.
La conférence a été organisée par l’Union des Comités palestiniens de Secours médical à l’Université Beir Zeit en octobre 1998, avec l’appui du Gouvernement français et du Programme des Nations Unies pour le Développement.
Pour tous renseignements, s’adresser à Nadine Kamal, Pharmacien en chef, Union of Palestinian Medical Relief Committees, P.O.Box 51483, Jérusalem. Tél: +972 2 5834 021. Fax: +972 2 5830 679. Mél: NadineKamal@hotmail.com
Stratégie pharmaceutique révisée: le Conseil exécutif prend des mesures
RÉUNI le 19 mai 1998, le Conseil exécutif de l’OMS a décidé d’adopter une méthode de travail double pour examiner les questions complexes - notamment celles qui concernent la mondialisation et le commerce - que pose la résolution 24 qu’il a adoptée en 1997 sur la stratégie pharmaceutique révisée. D’une part, un groupe de travail spécial sera ouvert à tous les Etats Membres souhaitant participer; d’autre part, un sous-groupe facilitera les échanges entre l’OMS et les partenaires concernés, à savoir l’Organisation mondiale du Commerce, l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle, l’industrie pharmaceutique et les ONG. Le Conseil a décidé que le sous-groupe se composerait du Président du groupe de rédaction de la stratégie pharmaceutique révisée, constitué pendant la 51e Assemblée mondiale de la Santé en 1998, et de représentants de deux Etats Membres de chaque Région (dont au moins un doit être autorisé à désigner une personne pour siéger au Conseil exécutif).
Conformément aux recommandations du Conseil, les Comités régionaux de l’OMS ont discuté de la stratégie pharmaceutique révisée à leurs réunions de l’automne et ont nommé leurs représentants au sein du sous-groupe. Le groupe s’est réuni pour la première fois en octobre 1998 à Genève, (59 Etats Membres présents), et s’est acquitté de sa principale tâche en rédigeant un nouveau projet de résolution sur la stratégie pharmaceutique. Le Conseil exécutif examinera le projet de résolution à sa 103e session, en janvier 1999.
Les pays africains s’informent sur le prix des médicaments
MÊME si, depuis une dizaine d’années, il y a davantage de médicaments essentiels en Afrique, on estime qu’entre un tiers et la moitié des 700 millions d’habitants que compte la Région n’ont toujours pas accès de façon régulière aux médicaments dont ils ont besoin. Plus de 40 % des décès en Afrique sont dus à des maladies infectieuses contre lesquelles il existe des remèdes efficaces mais que les malades ne peuvent se procurer.
Les pénuries de médicaments sont chroniques dans la plupart des pays africains, notamment parce que les systèmes nationaux d’approvisionnement sont insuffisants et les politiques pharmaceutiques nationales mal appliquées. A cause d’une méconnaissance du marché international du médicament et de l’absence de systèmes efficaces d’assurance de la qualité au niveau national, les prix sont parfois excessifs et les produits de mauvaise qualité. Les instances chargées d’acheter les médicaments ont donc besoin d’une information pertinente et objective sur le prix des médicaments et les normes de qualité.
Pour aider les pays de la Région à résoudre ces problèmes, le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, en collaboration avec le Programme d’Action pour les Médicaments essentiels, a mis sur pied un programme intensifié pour les médicaments essentiels. Ce nouveau programme sera axé sur le développement du potentiel, le renforcement des capacités et des systèmes d’approvisionnement en médicaments (y compris l’assurance de la qualité), et sur l’usage rationnel.
L’une des priorités est la publication d’un ouvrage intitulé AFRO Essential Drugs Price Indicator, où sont indiqués les prix auxquels se vendent les médicaments en Afrique. Ainsi informés, les organismes d’achat seront mieux armés pour négocier. Les prix figurant dans la première édition correspondent aux derniers appels d’offre faits par les organismes publics d’achat (par exemple les centrales d’approvisionnement) de 16 pays africains. On y trouve les renseignements suivants: désignation du médicament, taille de l’emballage, unité, prix, fournisseur, devise utilisée et taux de change en USD. A titre de comparaison et pour donner une idée des prix pratiqués dans le monde, Management Sciences for Health a aussi dressé la liste des prix des fournisseurs internationaux.
Pour obtenir un exemplaire gratuit de AFRO Essential Drugs Price Indicator, s’adresser au Programme pour les Médicaments essentiels, Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, P.O. Box BE 773, Belvedere, Harare, Zimbabwe, ou au Programme d’Action pour les Médicaments essentiels, Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse.
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