La culture et l'utilisation des plantes médicinales aux Philippines remontent aux temps pré-hispaniques, et les études ont commencé au XVIème siècle, principalement rédigées par des missionnaires espagnols. Le livre du Dr Pardo de Tavera "Plantas Medicinales de Filipinas" publié en 1892 donne des renseignements complets et très utiles sur le traitement de maladies. La première reconnaissance officielle, ces dernières années, de l'utilité des plantes médicinales est la Lettre d'instruction adressée en 1973 par le ministère de l'éducation aux écoles publiques dans laquelle il les encourage à inclure les plantes médicinales dans l'éducation sanitaire.
Historiquement, les premiers à avoir recommandé l'utilisation de préparations à base de plantes furent les tradipraticiens (herbolarios). Maintenant, surtout dans les zones rurales où l'utilisation de plantes pour les maladies courantes n'a jamais été abandonnée, les expériences de programmes de santé à assise communautaire sont très encourageantes. Plusieurs enquêtes montrent que les gens qui habitent les zones rurales ont tendance à utiliser plus de médicaments traditionnels à base de plantes que les médicaments occidentaux lorsqu'on les compare aux citadins [136].
Situation juridique
La réglementation et le contrôle des produits à base de plantes, que ce soient des aliments ou des médicaments, sont effectués par le Bureau alimentaire et pharmaceutique du ministère de la santé. Deux arrêtés administratifs, publiés en 1982 et 1984, exigent que tout médicament traditionnel, tant local qu'importé, remplisse les conditions d'enregistrement et de contrôle de qualité. Une liste officielle des produits traditionnels devait être dressée d'après ces arrêtés. Parmi les conditions de contrôle de qualité figurent les tests de détection de la présence de médicaments synthétiques (surtout les analgésiques, les anabolisants, les corticostéroïdes, les hormones), de métaux lourds, du contenu en alcool et des impuretés. Les tests de détection des formes galéniques sont requis, tout comme les tests microbiens et les données de stabilité.
Il n'existe pas de système de suivi de l'importation et de l'exportation des produits à base de plantes médicinales. Les produits importés peuvent être vendus dans les pharmacies chinoises. De petites unités communautaires de conditionnement de plantes médicinales dans des sachets de thé, en capsules ou en sirops ont proliféré, mais aucune réglementation ou aucun contrôle n'ont été appliqués. On considère qu'il est très important que le système médical traditionnel demeure distinct de la médecine occidentale, tout en la complétant. Par conséquent, l'utilisation de médicaments à base de plantes sûrs et efficaces doit être encouragée, mais sans espoirs et attentes mal placés [136].
En 1987, la Politique nationale en matière de médicaments a été adoptée mettant l'accent sur l'assurance qualité et l'utilisation rationnelle des remèdes. Depuis lors, 10 politiques ont été adoptées, dont une qui traite de la recherche sur les méthodes curatives traditionnelles et la promotion de l'utilisation des plantes médicinales [136].
En octobre 1995, le Secrétaire à la santé a signé la circulaire 168 A du ministère de la santé: elle énumère les plantes médicinales qui sont étudiées, utilisées et encouragées par le ministère pour servir de médicaments alternatifs sûrs et efficaces dans le système de soins de santé. Elle comprend 10 plantes médicinales scientifiquement validées et 70 plantes en cours d'études supplémentaires par des chercheurs du gouvernement [133].