La libéralisation du secteur pharmaceutique en Algérie - Effets sur la disponibilité et les prix des médicaments - Série de recherche, No. 22
(1997; 49 pages) View the PDF document
Table of Contents
View the documentRésumé
View the documentIntroduction
Open this folder and view contentsPremière partie: Contexte socio-sanitaire et effets de l'intervention du secteur privé
Open this folder and view contentsDeuxième partie: Libéralisation du secteur pharmaceutique et effets sur la disponibilité des médicaments essentiels
Close this folderTroisième partie: Effets de la libéralisation sur les prix et l'accessibilité des médicaments essentiels
View the document1. La hausse des prix: ampleur du phénomène
View the document2. Les disparités de prix
View the document3. Les facteurs de hausse et de disparité des prix
View the document4. Evolution des prix et effets sur l'accessibilité
View the documentConclusion générale
View the documentBibliographie
View the documentAutres documents de la Série Recherche de DAP
View the documentSérie Recherche No. 22
 

4. Evolution des prix et effets sur l'accessibilité

Les effets des hausses constatées sont multiples. Ils concernent les usagers, les établissements sanitaires et la sécurité sociale. Parmi les plus importants, il faut souligner;

• une réduction très importante des capacités d'acquisition des médicaments par les consommateurs. Conjuguée aux hausses généralisées de la plupart des marchandises, l'augmentation très rapide des prix des médicaments a des conséquences immédiates en terme d'accès aux soins. Une partie importante de la population (environ 80% de la population totale au début des années 90) est certes couverte par la sécurité sociale; mais 5 millions de personnes environ ne bénéficient d'aucune couverture. Par ailleurs, les consommateurs doivent payer directement les médicaments achetés avant de s'en faire rembourser les 80% par la sécurité sociale. Cela peut être dissuasif pour les personnes à faible revenu.

Les éléments chiffrés pour mesurer l'impact réel de cette évolution sur l'accessibilité financière des consommateurs ne sont pas disponibles. Dans l'enquête menée auprès des officines, la question suivante a été posée: "arrive-t-il que des clients achètent une partie seulement des médicaments à cause des prix élevés?" Dans 75% des cas la réponse a été affirmative. Beaucoup d'usagers, parmi les catégories de personnes non assurées ou à faible revenu, n'arrivent pas à acquérir la totalité des médicaments prescrits. Certains pharmaciens refusent d'honorer une partie seulement des ordonnances. D'autres s'en tiennent à la "volonté" ou aux "possibilités" des clients;

• une tendance à l'aggravation du déséquilibre financier de la sécurité sociale. Jusqu'à la fin des années 80, et malgré des rythmes élevés de croissance de la consommation, les bas prix des médicaments permettaient leur remboursement sans que cela mette en péril l'équilibre financier de l'institution. L'emballement des prix, à partir de 1990, induit des déséquilibres financiers très importants. Tout le système de protection, fondé sur le remboursement systématique, risque de s'effondrer;

• une réduction des capacités d'acquisition de médicaments au niveau des établissements hospitaliers. Malgré une hausse au plan nominal, le budget consacré aux médicaments baisse en termes réels. En dépit de très fortes croissances de prix, les crédits ouverts par le Ministère de la Santé pour l'achat de médicaments évoluent peu: ils passent, entre 1992 et 1993, de 2506,2 à 2578,6 millions de dinars.

Tableau 15
Evolution des dépenses en médicaments des ménages et de la sécurité sociale
(en millions de dinars courants et en millions de dinars de 1990)

 

1988

1991

1992

1993

Sécurité sociale
(remboursements)

Au prix de 1990

766,6

1175,5

2338,2

2502,5

A prix courants

601

1480

3711

5000

Ménages

Au prix de 1990

3283,2

4406,7

5618,8

5505,5

A prix courant

2574

5548

9316

11000

Source:Banque mondiale: Dépenses publiques et résultats dans le domaine de la santé en Algérie. Juin 1995

Depuis 1990, les solutions préconisées portent sur trois niveaux: la maîtrise des prix à l'importation; la refonte de la structure des prix (marges commerciales, droits de douanes, etc...); la réforme des modes de remboursement par la sécurité sociale. Fin 1995, les seules mesures mises en oeuvre étaient l'exonération des droits de douanes (auparavant 15%) et de la TVA.

Sur la question de la maîtrise des prix à l'importation, les autorités sanitaires s'accordent à penser que le premier facteur de hausse est le recours quasi systématique aux spécialités pharmaceutiques. L'intervention du secteur privé dans la fonction importation, et les lignes de crédits imposées aux importateurs publics ont conduit à l'achat presque systématique de médicaments en nom de marque, au détriment de produits génériques. A ceci s'ajoute le changement dans les procédures de passation des contrats. La procédure du marché de gré à gré s'est substituée aux avis d'appel d'offres internationaux mettant en compétition plusieurs fournisseurs internationaux.

Four faire face à ces problèmes, quelques mesures sont proposés par les comités d'experts réunis par le Ministère de la Santé:

• l'élaboration d'une nomenclature des médicament vitaux répondant aux besoins thérapeutiques les plus répandus et traités en Algérie. Cette nomenclature doit être accompagnée d'une liste des "principaux produits génériques pouvant être commercialisés sur le marché national et dont les prix sur les marchés extérieurs sont nettement inférieurs à ceux des produits de marque". Il faut remarquer que cette proposition intègre à la fois les préoccupations de nature économique et les besoins de santé prioritaires;

• la "réorganisation des conditions et modalités d'importation". Cette proposition vise à réhabiliter la procédure des appels d'offre internationaux. Elle vise en outre à mettre fin à l'intervention en ordre dispersé des trois entreprises publiques PHARMS. Un "pool, constitué des cadres dirigeants des trois PHARMS aura la charge de centraliser les besoins nationaux, d'appliquer une procédure cohérente de négociation et d'importation et de veiller au respect des normes scientifiques et techniques et des règles adaptées". Annoncée en 1993, la mise en place d'une entité unique d'importation au niveau des entreprises publiques n'a pas encore été réalisée et aucune réponse pratique n'a encore été apportée au défi qui consiste pour les PHARMS à concilier leur mission de service public avec leur statut actuel d'agents économiques autonomes soumis aux seules règles de la rentabilité financière.

 

to previous section
to next section
 
 
The WHO Essential Medicines and Health Products Information Portal was designed and is maintained by Human Info NGO. Last updated: October 7, 2014