La libéralisation du secteur pharmaceutique en Algérie - Effets sur la disponibilité et les prix des médicaments - Série de recherche, No. 22
(1997; 49 pages) View the PDF document
Table of Contents
View the documentRésumé
View the documentIntroduction
Close this folderPremière partie: Contexte socio-sanitaire et effets de l'intervention du secteur privé
View the document1. L'offre de soins: infrastructures, ressources humaines, financement
View the document2. Effets de la libéralisation sur l'organisation et le fonctionnement du secteur pharmaceutique
Open this folder and view contentsDeuxième partie: Libéralisation du secteur pharmaceutique et effets sur la disponibilité des médicaments essentiels
Open this folder and view contentsTroisième partie: Effets de la libéralisation sur les prix et l'accessibilité des médicaments essentiels
View the documentConclusion générale
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View the documentSérie Recherche No. 22
 

1. L'offre de soins: infrastructures, ressources humaines, financement

Au niveau des infrastructures et des ressources humaines, d'importants investissements ont été consentis. Ceux ci se sont traduits par la réalisation de nombreuses infrastructures, en particulier dans la décennie 80, et par un très fort accroissement des personnels de santé.

1.1 Les infrastructures

A la fin de l'année 1993, on dénombre;

• 184 hôpitaux représentant 31000 lits;
• 13 CHU (centres hospitalo-universitaires) pour une capacité de 16 500 lits;
• 21 EHS (établissements hospitaliers spécialisés) d'une capacité de 5469 lits.
• 455 polycliniques publiques avec 3078 lits;
• 1123 centres de santé;
• 3876 salles de soins.
• 706 centres médico-sociaux.

Avec une moyenne globale de 419 habitants par lit d'hôpital, l'Algérie peut être considérée comme un pays relativement bien doté en infrastructures. Leur répartition géographique par wilayas (départements) montre que d'importants efforts ont été accomplis en faveur des zones déshéritées.

Cependant, avec une moyenne de 43% le taux d'occupation des lits est souvent faible, en particulier dans les hôpitaux construits dans le cadre de la politique d'équilibre régional (Ghardaïa 12%, Illizi 5%, Ain Sefra 26%, Djanet 20%, Hassi Messaoud 24,5%, Sfisef 15,3%, Telagh 21,8%). Ces faibles taux traduisent à l'évidence un surdimensionnement de certaines infrastructures par rapport aux besoins et des difficultés de gestion.

1.2 Les ressources humaines

L'investissement dans la formation s'est traduit par un accroissement très important du personnel médical. Pour la seule période allant de 1982 à 1993, le nombre de médecins a été multiplié par près de trois.

Tableau 2
Evolution des effectifs médicaux entre 1962 et 1993

 

1962

1982

1991

1993

1996

Médecins

600

9056

24369

25491

27317

Chirurgiens dentistes

135

2313

7563

7885

8056

Pharmaciens

266

1137

2575

3189

3691

Source:Ministère de la Santé

Cette importante démographie médicale est marquée par de fortes disparités régionales. De 1060 médecins par habitant en moyenne, le ratio tombe à moins de 800 dans certaines grandes villes (Blida 734, Annaba 590, Constantine 600, Alger 325, Oran 515). Alors que les disparités inter-wilayas vont du simple au quadruple pour les médecins généralistes, le rapport varie de 1 à 36 en ce qui concerne les spécialistes.

Cette situation s'accompagne d'une accélération de la tendance à la privatisation de l'exercice des professions médicales et pharmaceutiques, suite notamment à l'abandon du principe du service civil (obligation d'exercer pendant quelques années dans le secteur public) et à la détérioration des conditions de travail dans les structures publiques. Entre 1991 et 1992, la part des praticiens privés est passée de 26 à 32,2%. Cette tendance est plus marquée pour les spécialistes. Le nombre de praticiens spécialistes privés est passé de 1005 en 1989 à 2528 en 1996.

1.3 Le financement de la santé

En 1990, la dépense de santé par habitant a été estimée par la Banque mondiale à 166 dollars US, et se situe très largement au dessus de ses voisins (26 dollars au Maroc, 75 en Tunisie).

Tableau 3
Dépense nationale de santé rapportée au PIB en milliards de dinars

 

1988

1990

1991

1992

1993

Dépense nationale de santé

21,087

23,159

33,499

44,321

53,104

PIB en milliards de dinars

350,1

536,3

793,3

987,0

1149,0

DNS/PIB en %

4,57

4,26

4,07

4,66

5,86

Source: Ministère de la Santé, Banque mondiale, 1995

En prix courants, la dépense nationale de santé a plus que doublé entre 1988 et 1993. En fait, le très fort accroissement des dépenses, en valeur absolue, est surtout dû à l'augmentation des dépenses en personnel. Entre 1988 et 1992, celles-ci sont passées de 5,9 à 19,2 milliards de dinars. En raison du très fort renchérissement des prix des consommables et des médicaments, les dépenses pour ces deux postes ont peu évolué en termes réels. En dinars constants de 1990, la dépense totale de santé est stable, sinon en légère régression sur la période (Banque mondiale, 1995). Elle passe de 26,896 milliards de dinars en 1988 à 26,578 en 1993. En raison de l'augmentation de la population, la dépense réelle par habitant baisse sur la même période, passant de 1147 dinars en 1988 à 902 dinars en 1993. Cette évolution marque à la fois une aggravation des problèmes de financement et un accroissement de la part des ménages dans les dépenses. De l'ordre de 25% en 1988, la part de l'Etat s'accroît rapidement alors même que celle de l'organisme de sécurité sociale ne cesse de baisser du fait de la chute de la croissance de ses recettes due à l'extension du chômage et du sous emploi.

Tableau 4
Les sources de financement (en %)

 

1988

1990

1991

1992

Etat

25

22,0

34,3

36,0

Sécurité sociale

55

49,3

40,4

36,3

Ménages

19

28,0

24,7

27,0

Autres

1

0,7

0,6

0,7

Source: Ministère de la Santé


Graphique N°1 - Sources de financement des dépenses de santé, en %, en 1988 et en 1992

Les contraintes budgétaires et le déséquilibre financier de la sécurité sociale induisent une participation accrue des ménages dans la prise en charge des dépenses. Les perspectives, peu favorables en matière d'emploi à moyen terme, laissent supposer que la part de la population couverte par la sécurité sociale (actuellement moins de 80%) aura tendance à baisser. Les conséquences sur l'accessibilité aux soins, et en particulier aux médicaments, risquent d'être extrêmement négatives si des mesures de maîtrise des prix et de rationalisation des prescriptions ne sont pas prises.

La décennie 80 et le début des années 90 sont en définitive, marqués par deux mouvements contradictoires: d'un côté, une forte croissance des infrastructures et des personnels de santé, qui s'accompagne d'une aggravation des problèmes de financement; de l'autre, une tendance à la privatisation des professions de santé.

C'est dans cette dynamique globale que le processus de libéralisation du secteur pharmaceutique est engagé.

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