L‘OMS et les six éditeurs de revues médicales les plus importants au monde ont annoncé le lancement d’une initiative qui permettra à de nombreux pays en développement d’avoir accès à des informations scientifiques capitales, jusqu’alors hors de portée pour des raisons financières. Cette initiative décisive fut annoncée à Londres en juillet 2001, à l’occasion de la signature d’une Déclaration d’intention par les principaux dirigeants des Sociétés d’édition. Elle permet la mise à disposition sur Internet de plus de 1000 des principales revues scientifiques et médicales du monde, à l’usage des écoles de médecine et des instituts de recherche des pays en développement et cela, gratuitement ou à des prix considérablement réduits. L’accès à ces revues se fera exactement de la même façon que pour les autres abonnés.
Actuellement, les prix des abonnements aux revues biomédicales, en version électronique ou imprimée, sont les mêmes pour les écoles de médecine, les centres de recherche et autres institutions similaires, quelle que soit leur implantation géographique. Le prix des abonnements annuels représente en moyenne plusieurs centaines de dollars par revue, un grand nombre des principales revues coûtant plus de 1 500 dollars par an. Ce prix est prohibitif pour la grande majorité des établissements médicaux et des instituts de recherche dans les pays les plus pauvres qui, de ce fait, n’ont pas accès aux informations scientifiques essentielles.
Au cours de la cérémonie de signature à Londres, le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, a déclaré que cette initiative était “peut-être le progrès le plus significatif jamais réalisé pour combler le fossé entre les pays riches et les pays pauvres dans l’accès aux informations sur la santé.” L’OMS a été l’instigatrice de cette initiative, avec le British Medical Journal et l’Institut Open Society du réseau des Fondations Soros. Il en résulte un système de prix à plusieurs niveaux dont bénéficieront les institutions des 100 pays les plus pauvres. Les pays dont le produit national brut par tête est inférieur à 1 000 dollars peuvent prétendre à un droit d’accès gratuit auprès de quatre éditeurs (soit à la plupart des revues proposées) et aux prix les plus bas auprès de deux éditeurs. Les pays dont le produit national brut par tête se situe entre 1 000 et 3 000 dollars bénéficieront d’importantes remises.
Applicable dès janvier 2002, cette initiative devrait durer au moins trois ans et un suivi sera mis en place en vue de l’améliorer. Elle profitera aux instituts de recherche et aux institutions universitaires dignes de ce nom, qui ont besoin d’accéder en temps voulu aux revues biomédicales. Après la période d’identification des institutions individuelles, jusqu’à fin 2001, le système mis en place leur attribuera leur code d’authentification donnant accès aux publications. Cette expérience sera riche d’enseignements pour les éditeurs et les instituts participants. A la fin de l’initiative, des décisions seront prises sur la façon de procéder, en fonction des précédents créés et des relations de travail qui se seront instaurées entre les partenaires.
Bien que le lancement de l’initiative soit avant tout l’occasion d’une célébration, Richard Smith, rédacteur en chef du British Medical Journal, a reconnu que l’on pouvait faire encore plus. “Il faut persuader d’autres éditeurs de se joindre à nous.* Ceux qui vivent dans les pays pauvres ont besoin qu’on les aide à se connecter à Internet et qu’on les forme à son utilisation. Là, l’OMS et George Soros sont utiles. Nous devons améliorer le flux des informations des pauvres vers les riches, et à l’intérieur du monde des pauvres. Là aussi, les éditeurs peuvent apporter leur contribution en exportant non seulement une quantité d’informations mais aussi leurs compétences.”
* Mise à jour: un projet en expansion
Ces nouvelles dispositions constituent une étape importante dans la mise en place de l’Internet de la santé, projet présenté l’année dernière par le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, au Sommet du Millénaire des Nations Unies. Conduit par l’OMS, l’Internet de la santé vise à renforcer les services de santé publique en permettant aux professionnels de santé, aux chercheurs et aux décideurs d’accéder à des informations sanitaires d’excellente qualité, adaptées aux besoins et transmises en temps utile, par un portail d’Internet. Il vise par ailleurs à améliorer la communication et le travail en réseau. Ce projet permettra d’assurer une formation et de transmettre des applications de la technologie de l’information et de la communication dans le domaine de la santé publique.
Depuis juillet, l’initiative a rapidement pris de l’ampleur. D’autres éditeurs ont ajouté leurs noms et un plus grand nombre de pays en sont bénéficiaires. Il n’y a pas de date limite pour se joindre à l’initiative. Il suffit de disposer d’un ordinateur rapide et d’une imprimante, et d’une capacité de connexion à large bande - ce qui représente de faibles coûts comparé à ce qu’apportera l’accès aux revues en termes de santé et d’économie.
Pour de plus amples informations, contacter: Barbara Aronson à l’Organisation mondiale de la Santé, 1211 Genève 27, Suisse. Courriel: aronsonb@who.int