Médicaments essentiels: Le point No. 030
(2001; 56 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
Table of Contents
View the documentEditorial
Open this folder and view contentsActualités
View the documentNetscan, réunions et cours
Open this folder and view contentsRéglementation pharmaceutique
Close this folderAccès
View the documentDébats d'experts sur la fixation différenciée des prix et sur le financement des médicaments essentiels
View the documentAchats de médicaments: principes de bonnes pratiques
Open this folder and view contentsRecherche
Open this folder and view contentsInformation pharmaceutique
Open this folder and view contentsCommerce mondiale
Open this folder and view contentsUsage rationnel
View the documentVient de paraître
 

Débats d'experts sur la fixation différenciée des prix et sur le financement des médicaments essentiels

Permettre aux pays pauvres d'obtenir les médicaments indispensables à des prix plus abordables est une nécessité vitale et trouver les moyens d'y parvenir figure désormais au premier rang des priorités mondiales. L'atelier OMS/OMC qui a réuni un groupe d'experts à Høsbjør, Norvège en avril 2001, a permis de progresser dans ce sens. Plus de 80 experts de 21 pays industrialisés et en développement et un large éventail de professionnels issus d'horizons différents ont échangé leurs points de vue pendant 3 jours sur la façon de réagir à la crise actuelle. Le résumé du rapport de cet atelier est présenté ci-dessous.

L'atelier a rassemblé un groupe d'experts en vue d'explorer les questions, souvent complexes, liées d'une part à l'accès aux médicaments essentiels à des prix abordables dans les pays pauvres et au financement de cet accès, et d'autre part aux encouragements à la recherche et à la mise au point de nouveaux médicaments. Outre les exposés présentés par des experts conseils, juridiques et académiques, l'atelier a recueilli les points de vue exprimés, au cours des exposés et des débats, par des gouvernements, des fabricants issus de l'industrie générique ou de la recherche, des organisations non gouvernementales concernées par les questions de santé et des organisations intergouvernementales. Deux thèmes ont été abordés au cours de cet atelier: la fixation différenciée des prix des médicaments essentiels et le financement de ces derniers.

Bien que le séminaire n'ait pas eu pour objectif de parvenir à un consensus général, les participants semblaient être largement d'accord sur deux points importants:

• En premier lieu, la fixation différenciée des prix pourrait et devrait jouer un rôle important dans l'accès aux médicaments essentiels à des prix abordables, surtout dans les pays pauvres, tout en permettant au système de brevets de jouer son rôle dans l'incitation à la recherche et la mise au point de nouveaux médicaments.

Ensuite, bien que les prix abordables soient un facteur important, l'approvisionnement en médicaments brevetés ou génériques, auprès des personnes qui en ont besoin dans les pays pauvres, exigera un effort financier important, à la fois pour acheter les médicaments mais aussi pour renforcer les systèmes de santé, sans oublier que pour ces pays, la majorité du financement supplémentaire devra provenir de la communauté internationale.

Accès aux médicaments essentiels

Il a été reconnu qu'un large éventail d'obstacles entravaient l'accès aux médicaments essentiels dans les pays pauvres, y compris le financement, les prix, l'approvisionnement, la sélection et la distribution. Le prix des médicaments à lui seul ne dicte pas qui a accès aux soins. Néanmoins, il a été noté que les dépenses de santé des pauvres dans le monde entier, passaient surtout dans les achats de médicaments, bien souvent dans des points de vente privés. Donc, le prix des médicaments essentiels est important pour les pauvres et les pays pauvres. Cependant, il a été aussi noté que, souvent, les médicaments à bas prix ou même ceux délivrés gratuitement, n'étaient pas utilisés suffisamment. Des services de santé implantés localement, disposant du personnel et des équipements nécessaires, correctement gérés et bien financés, centrant leur action sur les priorités et les besoins locaux, des systèmes de distribution efficaces et la décision d'exempter les médicaments des droits de douanes et des taxes sont également d'autres facteurs qui influencent l'accès aux soins. Si les participants n'accordaient pas la même importance à chacun de ces facteurs, tous ont reconnu la complexité du problème de l'accès, et sa variabilité d'une situation à l'autre.

Financement des soins de santé et des médicaments essentiels

Il a été souligné qu'en dépit des prix bas, une augmentation sensible de l'accès aux médicaments essentiels exigerait un financement national et international supplémentaire pour l'achat des médicaments essentiels et pour l'élaboration de systèmes de santé et d'approvisionnement efficaces. Ceci est un fait important non seulement pour les nouveaux médicaments, comme les produits antirétroviraux, mais aussi pour les médicaments génériques essentiels, comme ceux qui traitent la tuberculose, la malaria, la maladie diarrhéique et les infections respiratoires. La mobilisation de ressources nationales dans les pays en développement à revenu intermédiaire est une manière importante d'améliorer l'accès, mais les besoins de financement des pays pauvres devront être pris en charge par la communauté internationale. Le séminaire n'avait pas pour objectif d'évaluer ces besoins ou d'examiner les modalités les mieux adaptées, mais les participants étaient d'accord sur le fait qu'il serait nécessaire d'augmenter sensiblement le niveau d'aide internationale.

La fixation différenciée des prix est à la fois nécessaire et réalisable

Par différenciation des prix, on entend l'adaptation des prix imposés par le vendeur sur le pouvoir d'achat des gouvernements et des ménages dans divers pays. Il a été dit à l'atelier qu'il était possible de pratiquer, de manière plus étendue et durable, le système de fixation différenciée des prix, à condition de pouvoir assurer le bon environnement politique, technique et juridique.

Faisabilité économique - Des explications ont été données sur la faisabilité de la fixation différenciée des prix là où il existe des coûts fixes importants, et lorsque les coûts marginaux ou variables de production sont relativement bas. Bien que les possibilités soient plus importantes en ce qui concerne les produits brevetés, à cause du niveau élevé de coûts engloutis dans la recherche et le développement, la fixation différenciée des prix peut être aussi réalisable pour les produits non brevetés. Certains grands économistes ont expliqué comment la différenciation des prix peut être intéressante pour les consommateurs dans les pays pauvres et pour les fabricants, sans affecter les consommateurs des pays plus riches, à condition que les marchés puissent être bien segmentés. Ceci exige la prévention du détournement des produits à prix bas vers les marchés à revenu élevé (une question technique) et la volonté de la part des consommateurs de ces marchés à accepter des différences de prix sensibles (une question politique). Ils ont aussi démontré, en appuyant le partage des coûts de R&D selon la capacité de payer, comment la fixation différenciée des prix peut aider à réconcilier le double objectif d'accès à des prix abordables aux médicaments essentiels existants et d'incitation à la recherche et à la mise au point de nouveaux médicaments.

La fixation différenciée des prix est déjà pratiquée, mais d'une façon limitée - Plusieurs fabricants, indépendamment les uns des autres, offrent déjà des prix fortement réduits et font des dons à certains pays pauvres pour certains médicaments. L'expérience décrite avec les vaccins, les contraceptifs et les médicaments pour le traitement de la tuberculose au cours du séminaire, prouve qu'il est possible d'offrir des prix bas aux pays pauvres, aussi bien pour les produits brevetés que non brevetés. Il a été possible d'offrir des réductions de 90 pour cent ou plus par rapport aux prix des pays développés grâce aux achats en gros, aux offres compétitives et aux négociations habiles. D'aucuns ont fait valoir le point de vue que la concurrence générique a aussi permis de faire baisser les prix.

Façons d'appliquer la fixation différenciée des prix - Plusieurs options concernant l'application de la fixation différenciée des prix ont été proposées, parmi lesquelles la mise en place de conditions favorables permettant alors de laisser jouer les règles du marché; la négociation bilatérale des réductions entre les compagnies et les gouvernements; les achats en gros au niveau régional ou global; l'impact de la persuasion morale; le rôle des licences volontaires ou, le cas échéant, des licences obligatoires; et la mise en place d'un système flexible et global de fixation différenciée des prix. Le rôle des dons a été également examiné. Les avantages et les inconvénients de ces approches ont été débattus. Selon certains participants, un mécanisme global serait difficile à gérer et aurait des conséquences indésirables et imprévues, tandis que pour d'autres, il ne suffirait pas de se reposer sur les initiatives individuelles qui se concentreraient sur un nombre limité de médicaments et de pays. Selon certains participants, un système de fixation différenciée des prix exigerait une coopération internationale plus importante.

En dépit des divergences, les participants semblent s'accorder à penser qu'il faudrait sans doute utiliser plusieurs de ces modalités en fonction des circonstances. L'atelier a aussi porté sur d'autres questions, comme le rôle de la concurrence dans la réduction des prix, par exemple par le biais de la licence volontaire, et la relation avec les régimes de propriété intellectuelle, la possibilité d'incitations chez les pays développés pour la fixation différenciée des prix et pour les dons, et les contraintes que le droit de la concurrence dans de nombreux pays impose sur les arrangements qui impliquent une action concertée entre plusieurs compagnies sur la façon dont elles exercent la concurrence entre elles.

Etablir des prix favorables - Bien qu'il y ait un large appui en faveur de l'idée que les médicaments essentiels devraient être accessibles par les pays pauvres au prix le plus bas possible (diversement défini comme étant le coût marginal ou un prix non lucratif), diverses opinions ont été exprimées sur la manière dont ce prix devrait être déterminé. Cette question a été jugée comme importante non seulement par les acheteurs des pays en développement mais aussi par les donateurs des pays développés qui s'inquiétaient du fait que, si des sommes importantes de financement pour le développement devaient être affectées au financement de l'achat des médicaments essentiels, les produits seraient achetés au prix le plus bas possible. Parmi les approches suggérées figurent: la négociation, peut-être soutenue par le calcul des coûts locaux de production et les achats en grandes quantités; une concurrence accrue par les licences volontaires ou, le cas échéant, les licences obligatoires ou par la seule possibilité de ces dernières; et le développement de prix cibles en relation avec la valeur thérapeutique, par le biais de l'analyse économique.

Maintenir des marchés séparés et empêcher le détournement - Les participants ont accepté le fait que les marchés des médicaments à prix différencié doivent être bien segmentés, pour empêcher les fuites de ces médicaments vers les marchés à revenu plus élevé. Les participants ont discuté d'un éventail de mécanismes qui peuvent servir à cet effet, y compris les stratégies de marketing des fabricants qui impliqueraient l'utilisation de marques différentes et la présentation des produits, une gestion plus sévère du processus d'approvisionnement par les entités responsables des achats, le rôle des autorités de réglementation pharmaceutique dans les pays à revenu élevé et le contrôle des exportations dans les pays pauvres, ainsi que les droits fondés sur la propriété intellectuelle pour empêcher les importations parallèles dans les pays à revenu élevé. Bien que ces questions exigent d'être approfondies, d'aucuns sont d'avis qu'un mélange des techniques actuelles, avec une responsabilité partagée entre le côté revenu élevé et le côté revenu faible, pourrait garantir le niveau de séparation nécessaire pour rendre la fixation différenciée des prix possible.

Faisabilité politique - Les participants semblent partager l'idée que les prix préférentiels dans les pays en développement ne devraient pas influencer la détermination des prix dans les pays développés. Les politiques de fixation différenciée des prix s'articulent fondamentalement sur l'acceptabilité politique de prix inférieurs dans les pays pauvres. Il a été suggéré que, dans un climat d'examen international accru des prix et des principes de fixation des prix directeurs directs et indirects, les pays industrialisés doivent peut-être prendre l'engagement de ne pas utiliser les prix différentiels destinés uniquement aux pays pauvres comme point de repère pour leurs propres politiques ou systèmes de réglementation des prix. Une question plus difficile est la manière d'empêcher l'utilisation des prix différentiels dans le processus politique de ces pays. Certains participants ont eu l'impression que cela exigerait un leadership politique, des efforts de persuasion et une éducation du public. Dans le cadre de cet effort, il faudra rassurer l'opinion publique en confirmant que les prix bas exercés dans les pays pauvres ne signifient pas des prix élevés dans les pays plus riches ou une charge plus importante sur les budgets nationaux pour la santé. Il faut aussi examiner la question de savoir si les produits aux prix différenciés peuvent être perçus comme étant une forme de concurrence déloyale par les industries locales dans les pays en développement et pouvant faire l'objet de mesures anti-dumping.

Et qu'advient-il des pays aux revenus intermédiaires et des populations aisées des pays pauvres - La discussion a permis de reconnaître, mais sans offrir de solution, les problèmes des pays aux revenus intermédiaires qui paient des prix proportionnels à leurs niveaux de revenus et la prohibition du commerce parallèle entre les pays à faible revenu et les pays aux revenus intermédiaires. Une autre question soulevée est celle de savoir si l'admissibilité des segments aisés des pays pauvres pour les prix différentiels pourrait affecter sensiblement sa probabilité. Dans ce cas, serait-il possible de séparer leurs marchés de ceux des pauvres dans ces pays? Certains ont proposé que les prix différentiels ne soient pas limités au secteur public, mais qu'ils couvrent aussi les gros employeurs et les fournisseurs sans but lucratif.

Le rôle des droits de propriété intellectuelle

D'aucuns ont fait remarquer que la fixation différenciée des prix des médicaments essentiels est tout à fait compatible avec l'accord sur les ADPIC et ne devrait pas obliger les pays à renoncer à toute flexibilité qui est contenue dans cet accord. La nécessité de trouver un bon équilibre dans les systèmes des droits de propriété intellectuelle entre l'incitation au développement de nouveaux médicaments et la facilitation de l'accès aux médicaments existants a été aussi largement soulignée. A ce sujet, de nombreux participants ont insisté sur l'importance de respecter l'équilibre qui a été trouvé dans la négociation de l'accord sur les ADPIC et les droits des pays en développement à utiliser la flexibilité qu'il renferme, y compris en ce qui concerne les licences obligatoires et les importations parallèles pour répondre aux préoccupations de santé. Il a été fait observer que l'expérience était, dans l'état actuel des choses, plutôt insuffisante à propos de l'utilisation de ces mécanismes de sauvegarde. D'aucuns sont préoccupés par la pression externe exercée sur des pays en vue de limiter le recours à ces mécanismes. Des assurances importantes ont été réitérées à cet égard. Il a également été noté que l'accord sur les ADPIC n'interdisait pas aux pays de faciliter la segmentation des marchés par le biais de la prohibition des importations parallèles, par exemple des pays pauvres vers les pays à revenu élevé. Selon une opinion qui semble être largement acceptée, le système de brevets, bien qu'il soit une condition nécessaire de la R&D, n'est pas suffisant pour garantir une R&D appropriée pour les maladies négligées des pauvres, et des mesures de soutien supplémentaires sont nécessaires. Certains participants ont formulé une mise en garde contre les effets négatifs pour l'innovation locale et globale de l'utilisation excessive des dispositions de sauvegarde de l'accord ADPIC.

Financement international accru et plus grand recours à la fixation différenciée des prix: questions à examiner

Bien que l'atelier ait largement contribué à une meilleure compréhension de plusieurs problèmes importants, il a été reconnu que de nombreuses questions devraient faire l'objet d'analyses et de discussions approfondies. Il s'agit notamment des questions suivantes:

• Le financement international requis pour garantir l'accès efficace aux médicaments essentiels dans les pays pauvres, et les mécanismes les mieux adaptés à la mobilisation et à la distribution de ces fonds.

Les méthodes les plus appropriées pour mettre en oeuvre le système de fixation différenciée des prix. A cet égard se posent diverses questions: la manière de déterminer le prix différentiel auquel les produits seront vendus dans les pays les plus pauvres, y compris la manière dont les négociations et la concurrence devraient contribuer, par des mesures conformes aux accords internationaux, à obtenir les prix les plus favorables; les contraintes imposées par le droit de la concurrence; et la manière de développer les encouragements à la fixation différenciée des prix.

• Comment séparer, en termes politiques, la détermination des prix dans les pays développés et la fixation différenciée des prix dans les pays pauvres, y compris en relation avec l'utilisation des systèmes de prix directeurs? Quelles sont les meilleures façons de garantir une séparation efficace des marchés et d'empêcher le détournement des échanges, tout en tenant compte des règles commerciales internationales?

• Comment traiter les pays aux revenus intermédiaires et les populations aisées des pays pauvres dans le cadre de la fixation différenciée des prix?

Extraits du discours de clôtures du Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS

"...Les problèmes dont nous discutons sont urgents. Il ne sera pas facile d'atteindre les objectifs fixés par les dirigeants des pays développés et des pays en développement, pour réduire le fardeau des maladies engendrées par le VIH/SIDA, le paludisme, la tuberculose et les autres affections qui génèrent et perpétuent la pauvreté. Je suis convaincue que cela ne sera pas possible sans une augmentation massive des interventions nationales et internationales. Et l'accès aux médicaments essentiels doit impérativement en faire l'objet.

Qu'avons-nous retenu ?

On nous a très clairement expliqué que le prix des médicaments est important - important pour les populations pauvres et important pour les pays pauvres. Mais on ne progressera pas beaucoup sans investir nos efforts dans l'instauration de systèmes de santé efficaces. Et même si les prix baissent - ceux des antirétroviraux notamment - il sera capital d'obtenir des fonds supplémentaires.

On nous a expliqué que la protection de la propriété intellectuelle est un facteur nécessaire de stimulation de la recherche pour obtenir une nouvelle génération de médicaments, vaccins et outils diagnostiques. Il est clair également, comme on nous l'a expliqué ce matin, qu'une protection efficace de la propriété intellectuelle doit être combinée à des mesures d'incitation qui orienteront la recherche et la mise au point vers les maladies qui touchent les pauvres d'une façon disproportionnée.

Les accords de commerce international, tels qu'ils existent actuellement, ont été conçus pour établir un équilibre entre les droits des détenteurs de brevets et les droits des patients. L'Accord sur les ADPIC prévoit d'importants mécanismes de sauvegarde de la santé publique. A ce propos, certains soutiennent que l'on manque de recul pour juger de leur réelle efficacité. Mais on nous a également tenu des propos rassurants, en rappelant à cette réunion que les droits des pays à utiliser ces mécanismes de sauvegarde doivent être respectés.

Quant à faciliter l'accès aux médicaments en baissant les prix, c'est une seule solution dont on ne peut pas se contenter. Comme l'a dit l'un des orateurs: nous avons besoin d'un mélange de stratégies qui s'étayent les unes les autres et qui soient adaptées aux contextes propres à chaque pays.

Au cours de cette réunion, nous nous sommes particulièrement intéressés à la fixation différenciée des prix. Les exposés qui nous ont été présentés hier montrent que cette méthode est faisable. Elle peut permettre d'obtenir des prix se situant entre 1 et 10% des prix pratiqués sur le marché des pays à revenu élevé. Nous sommes parvenus à ce résultat en combinant des achats centralisés par les gouvernements et les organisations internationales, des niveaux de financement fiables et appropriés, des mesures de sensibilisation, l'instauration d'une responsabilité collective et l'exploitation des forces du marché.

Pour que la fixation différenciée des prix s'applique sur une large échelle, je pense que nous serons tous d'accord sur le fait qu'il faut prévoir des systèmes de cloisonnement pour empêcher que les médicaments à bas prix ne se retrouvent sur les marchés des pays riches...

D'autres leçons importantes ont été rappelées. Rendre simplement les médicaments disponibles - même gratuitement - ne garantit pas qu'ils seront utilisés. Tous les autres éléments du décor doivent également être en place: les systèmes de distribution; les partenariats entre les fournisseurs publics et privés; les accords entre les pouvoirs publics et les organismes de développement et - comme plusieurs d'entre vous l'ont fait remarquer - des buts et des objectifs clairs et explicites...

Un nouveau fond international pour la santé

La nécessité d'une forte augmentation de l'aide financière internationale a été un thème récurrent. Nous, à l'OMS, pensons qu'il serait fortement souhaitable de créer un nouveau fonds international pour la santé. Il permettra de placer les problèmes de santé prioritaires, notamment le VIH/SIDA, au centre des décisions politiques et cela constituera une réponse tangible aux engagements pris précédemment par la communauté internationale pour mobiliser des fonds supplémentaires. Il donnera l'occasion d'obtenir des fonds auprès de nouveaux partenaires, en particulier auprès de ceux qui ne sont pas fortement implantés dans un pays. Il sera en outre un moyen de garantir plus de ressources aux pays ne bénéficiant pas de la présence d'un bailleur de fonds.

La question... n'est pas simplement que nous ayons besoin d'augmenter le niveau des ressources, mais plutôt que nous ayons besoin de réfléchir soigneusement à la façon d'obtenir ces ressources. Nous devons mettre en place des mécanismes permettant de transférer rapidement l'argent aux pays. Nous devons combiner vitesse, transparence et sens des responsabilités. Nous avons besoin de mécanismes qui garantissent que les prises de décision et l'identification des priorités restent là où elles doivent être, c'est-à-dire dans les pays. Par ailleurs, si les fonds doivent être utilisés pour acheter des produits, nous devons bâtir sur ce qui existe, dans les pays et à l'échelle internationale. Ne réinventons pas la roue et, surtout, ne sapons pas les capacités et les systèmes existants."

L'intégralité du rapport de l'atelier est disponible à l'adresse suivante: http://www.who.int/medicines/library/edm_general/who-wto-hosbjor/wholereporthosbjorworkshop-fin-eng.pdf

to previous section to next section
 

Last updated: May 3, 2013