Vouloir introduire la notion de genre dans les politiques des médicaments essentiels, comme dans n’importe quelle autre politique globale, est difficile mais possible.
«L’introduction de la vision féministe brouille, obscurcit sans aucun doute l’apparente clarté du discours fourni jusqu’alors par les travaux scientifiques mais cette complexité nouvelle qui s’inscrit dans le nouveau cadre théorique de la notion de genre devrait constituer plus un défi qu’un prétexte à renoncement... Si les changements, les évolutions peuvent être appréhendés, ils ne le seront qu’en tenant compte de l’interaction des parties multiples où doivent être dorénavant inclus le masculin et le féminin... La notion de genre appartient à une transformation théorique radicale dans la mesure où elle impose de «révéler le passé comme idéologique». Elle implique une cassure du savoir dont on doit admettre l’universalité dans la pratique sociale mais dont on doit, encore bien plus, récuser l’existence dans l’élaboration et la pratique du savoir» (Bisilliat, 1996).
Il faut donc changer le cadre de références dans lequel les politiques et les actions pharmaceutiques se sont inscrites jusqu’alors; il faut penser deux là où l’on a toujours pensé un. Les modestes propositions faites vont dans ce sens. Cela apportera un surcroît de compréhension qui, n’en doutons pas, aidera certainement à se rapprocher de l’objectif d’équité des politiques des médicaments essentiels.