Etant donné les distorsions, les biais qui sont à œuvre dans les relations de genre et placent les femmes dans une position d’infériorité sociale, culturelle et économique par rapport aux hommes, on mettra très souvent l’accent sur les femmes dans ces propositions et ces recommandations afin de tenter de rééquilibrer la situation. Cet ensemble est placé dans la double optique d’une autonomie renforcée des femmes et de l’indispensable acquisition de nouvelles connaissances.
Selon l’OMS, la santé n’est pas seulement l’absence de maladie mais aussi, et peut-être encore plus, un état de bien-être physique, mental et social dont on a essayé de montrer qu’il est largement différent, selon que l’on appartienne au genre masculin ou féminin. La définition, si l’on veut la prendre au sérieux, inclut donc nécessairement l’égalité des genres et, en conséquence, une approche heuristique de la différence sur le double plan du politique et du médical assez éloignée, avouons-le, de ce que l’on pourrait nommer «l’obsession génésique».
Sans vouloir être grandiloquent, introduire la perspective de genre dans les politiques des médicaments essentiels est une décision dont on ne doit pas sous-estimer les aspects extrêmement novateurs, pour ne pas dire révolutionnaires. Cela implique, dès le départ, une mise en œuvre résolument holistique dans laquelle l’OMS ne peut être le seul acteur mais devrait pouvoir assumer, légitimement, l’initiative face à tous ses autres partenaires.
On distinguera les propositions à mettre en œuvre sur le plan des politiques générales, des politiques pragmatiques, et des recherches institutionnelles, biomédicales et socioculturelles.