Ce n’est qu’apparemment qu’il existe un très grand nombre d’associations antirétrovirales possibles. Les options thérapeutiques sont actuellement limitées par la réactivité croisée à l’intérieur des familles d’antirétroviraux existant actuellement. De nouveaux médicaments, ayant une activité supérieure, plus sûrs, plus faciles à prendre, ayant des propriétés pharmacologiques plus favorables et actifs contre les virus résistants sont nécessaires. La validation des tests de résistance en tant qu’outils de pratique clinique offrira aux cliniciens un instrument de prise en charge utile, et le choix du traitement pourra alors s’adapter au profil de résistance, permettant un traitement plus efficace.
Il est de plus en plus évident que l’évolution et l’issue de l’infection à VIH sont essentiellement déterminées par les événements qui se déroulent pendant la primo-infection. Grâce à des études contrôlées, les futures stratégies de traitement s’attacheront à identifier et à traiter précocement la primo-infection par le VIH.
Il semble qu’une réponse immunitaire cellulaire, spécifique et efficace, vis-à-vis du VIH ait lieu chez les sujets infectés. Cette observation a débouché sur l’exploration d’autres modalités de traitement visant à renforcer cette réponse immunitaire de l’hôte, et notamment le traitement par l’interleukine 2 et par certains immunogènes dérivés du VIH. Des études sont en cours pour élaborer des stratégies de traitement qui seront basées sur des interventions immunologiques.
L’exemple des infections non évolutives (individus chez lesquels l’infection à VIH est bien contrôlée par la réponse de leurs lymphocytes T CD4+) donne à penser qu’un renforcement de la réponse immunitaire pourrait conduire à un équilibre stable entre virus et hôte. Une réponse comparable s’observe au cours d’autres infections virales persistantes, telles que les infections à Herpesvirus, dans lesquelles le système immunitaire de l’hôte arrive à maintenir le virus quiescent. Une approche de la thérapeutique antirétrovirale en cours d’évaluation consiste en un traitement antirétroviral comportant des interruptions programmées. On espère que ces interruptions temporaires du traitement, en permettant au système immunitaire de l’hôte d’être exposé au VIH, agiront en augmentant la durée et l’intensité de la réponse immunitaire de l’hôte vis-à-vis du VIH et, par conséquent, augmenteront la maîtrise immunitaire de l’infection. Ces suspensions thérapeutiques ont d’autres avantages potentiels: toxicité diminuée, tolérance améliorée, observance augmentée et coût global diminué. D’après les résultats de quelques études non contrôlées, on semble observer chez la plupart des patients un rebond rapide de la charge virale plasmatique pendant les arrêts de traitement et une diminution rapide du nombre de CD4+. Les conséquences de ces phénomènes et la possibilité de stimuler la réponse immunitaire spécifique par une telle approche sont encore discutées et devront être mises en évidence par des études contrôlées.
Divers autres moyens pour stimuler le système immunitaire sont à l’étude. Si l’on recherche toujours le moyen d’éradiquer le VIH, l’association d’antirétroviraux puissants et de l’immunothérapie pourrait être le moyen d’obtenir une inhibition durable de la réplication du VIH qui résiste le mieux au temps.