Fiches modèles OMS d'information à l'usage des prescripteurs: Médicaments utilisés en anesthésie
(1991; 64 pages) [English] View the PDF document
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Suxaméthonium

Groupe: myorelaxant dépolarisant
Solution injectable: 50 mg (chlorure)/ml en ampoules de 2 ml
Poudre pour usage parentéral (chlorure ou bromure)

Généralités

Le suxaméthonium est un myorelaxant à courte durée d’action qui exerce une action dépolarisante au niveau de la jonction neuromusculaire. Il est rapidement métabolisé, principalement par la pseudo-cholinestérase, puis excrété dans les urines. Administré par voie intraveineuse, il agit en moins de 30 secondes et provoque une paralysie flasque, précédée par des fasciculations, qui dure jusqu’à 5 minutes. Cet effet n’est pas réversible pharmacologiquement.

Données cliniques

Indications

Pour obtenir une brève paralysie musculaire pendant les interventions suivantes:

• intubation trachéale
• endoscopie
• manipulations orthopédiques
• électrochoc.

Le relâchement musculaire obtenu avec le suxaméthonium est en général plus profond que celui des myorelaxants non dépolarisants d’action prolongée, qui conviennent cependant mieux si l’on recherche un effet plus durable.

Posologie et administration

Les myorelaxants ne doivent être administrés qu’après induction de l’anesthésie et lorsque la liberté des voies aériennes est assurée.

Adultes: au départ, 1 mg/kg par voie i.v., à faire suivre si besoin est par des doses de 0,3 mg/kg. La répétition des doses peut provoquer une bradycardie qui peut être prévenue par administration d’atropine à raison de 0,5 à 1 mg par voie intraveineuse.

Enfants: 1 à 2 mg/kg par voie i.v., à compléter si besoin est comme précédemment.

Chez l’adulte comme chez l’enfant, on peut obtenir un effet d’une durée plus longue par perfusion intraveineuse de 1 à 2 mg de suxaméthonium par minute. Cela donne lieu parfois à une action myorelaxante non dépolarisante paradoxale et prolongée. Ces effets n’étant que partiellement et temporairement réversibles par la néostigmine, la ventilation doit être assistée et surveillée jusqu’à totale restauration de la respiration spontanée.

Contre-indications

• Le suxaméthonium est absolument contre-indiqué si l’anesthésiste n’est pas certain de pouvoir maintenir la liberté des voies aériennes.

• Hypersensibilité connue au suxaméthonium.

• Myasthénie.

• Antécédents familiaux d’hyperthermie maligne.

• Glaucome et chirurgie oculaire (car le suxaméthonium élève la pression intra-oculaire).

• Déficit congénital en pseudo-cholinestérase plasmatique. (Si une insuffisance des taux de cette enzyme est soupçonnée, on administrera une dose-test de 5 à 10 mg. Les malades chez lesquels une dépression respiratoire apparaît, nécessitant une assistance ventilatoire, ne doivent pas recevoir à nouveau du suxaméthonium.)

• Hyperkaliémie due à des brûlures graves, traumatismes d’écrasement ou énervation, pouvant persister jusqu’à 9 mois après une lésion de la moelle épinière (le suxaméthonium peut aggraver cette hyperkaliémie et provoquer un arrêt cardiaque).

Précautions

Dans la mesure du possible, le suxaméthonium ne sera employé que par des anesthésistes qualifiés et expérimentés. Il faut pouvoir disposer immédiatement d’un matériel d’intubation et de ventilation assistée.

Il faut toujours attendre le retour à la normale du tonus musculaire avant d’administrer un myorelaxant à longue durée d’action (comme la gallamine).

Grossesse

En fin de grossesse, le suxaméthonium ne sera employé que si son indication l’emporte sur les risques possibles pour le fœtus. En obstétrique, on peut l’utiliser en perfusion intraveineuse pour une césarienne car, à l’inverse de la gallamine, il ne traverse pas facilement la barrière placentaire.

Effets indésirables

Des cas d’éruptions cutanées et des réactions de type anaphylactique, notamment des bronchospasmes et une hypotension, ont été signalés.

Des douleurs musculaires transitoires sont assez fréquentes après l’opération, en particulier chez les malades ambulatoires.

Dans de rares cas, on a accusé le suxaméthonium de déclencher des crises d’hyperthermie maligne, notamment chez les sujets anesthésiés à l’éther ou à l’halothane. Une cyanose et des troubles du rythme sont suivis de spasmes faciaux, d’une rigidité généralisée, de tachycardie, d’une respiration rapide et d’une forte hyperthermie. Il faut alors arrêter l’anesthésie aussi rapidement que possible et instaurer un traitement symptomatique: administration d’oxygène à 100%, perfusion intraveineuse de grandes quantités de liquide préalablement refroidi, traitement des arythmies, maintien de la diurèse, par des diurétiques si nécessaire. Le dantrolène peut diminuer la spasticité en agissant directement sur les muscles et, si l’on en dispose, on l’administrera par voie intraveineuse dès qu’on soupçonne une hyperthermie maligne (dose d’attaque de 1 mg/kg, à renouveler à la demande sans dépasser 10 mg/kg).

Interactions médicamenteuses

Les effets du suxaméthonium peuvent être sensiblement prolongés par les anticholines-térasiques, comme l’écothiopate en collyre, et certains autres médicaments employés dans le traitement du glaucome. L’exposition à certains insecticides organophosphorés peut également prolonger l’effet du suxaméthonium.

Le suxaméthonium a déclenché des troubles du rythme chez des sujets prenant des digitaliques.

Surdosage

La ventilation assistée sera poursuivie aussi longtemps que la paralysie musculaire s’oppose au retour d’une respiration spontanée.

Conservation

Les solutions injectables de suxaméthonium sont en général stables pendant 12 mois lorsqu’on les conserve entre 2 et 8° C; la poudre reste stable pendant au moins 5 ans si elle est conservée au-dessous de 37° C, à l’abri de la lumière et de l’humidité.

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