Fiches modèles OMS d'information à l'usage des prescripteurs: Médicaments utilisés en anesthésie
(1991; 64 pages) [English] View the PDF document
Table of Contents
View the documentPréface
View the documentIntroduction
Open this folder and view contentsPrémédication
Open this folder and view contentsAnesthésiques généraux et oxygène
Open this folder and view contentsAnesthésiques locaux
Open this folder and view contentsAnalgésiques non opioïdes
Close this folderAnalgésiques opioïdes et antagonistes
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Péthidine

Groupe: analgésique opioïde
Solution injectable: 50 mg (chlorhydrate) en ampoules de 1 ml
Comprimés: 50 mg (chlorhydrate)

Généralités

La péthidine est un analgésique narcotique de synthèse qui se fixe aux mêmes récepteurs que la morphine dans le système nerveux central. C’est un stupéfiant dangereux pouvant entraîner une toxicomanie. Sa délivrance est soumise à la réglementation du tableau 1 de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961.

Ses effets sédatifs et tranquillisants sont comparables à ceux de la morphine, mais l’analgésie et la dépression respiratoire qu’elle entraîne sont de plus courte durée, et elle induit moins de spasmes des muscles lisses. Elle est préférée à la morphine pour le traitement préopératoire des coliques hépatiques et pour celui des diverticulites aiguës.

La péthidine est bien absorbée par voie orale, mais elle est plus efficace par voie parentérale. Sa demi-vie plasmatique est d’environ 3 heures. Elle est largement métabolisée dans le foie et ses métabolites sont excrétés dans les urines.

Données cliniques

Indications

• Traitement préopératoire des douleurs osseuses et musculaires, et des douleurs viscérales.

• Prémédication avant anesthésie générale.

• En complément des anesthésiques pour inhalation et autres anesthésiques, pendant des opérations majeures.

• Prévention de la tachypnée induite par le trichloréthylène.

• Analgésie postopératoire et obstétricale.

• En l’absence d’autres produits, on peut l’utiliser en association avec le diazépam pour la réduction des fractures et autres interventions mineures.

Posologie et administration

Prémédication

Adultes: 50 à 100 mg par voie i.m. ou sous-cutanée, 1 heure avant l’induction.

Enfants: 1 mg/kg par voie i.m. ou sous-cutanée, 1 heure avant l’induction.

Analgésie préopératoire

Adultes: 50 à 100 mg par voie i.m. ou i.v.

Enfants: 1 mg/kg par voie i.m.

Pendant une anesthésie générale

Adultes et enfants: 0,25 mg/kg par voie i.v., à renouveler toutes les 40 à 60 minutes selon les besoins.

Analgésie postopératoire

Adultes: 50 à 150 mg par voie i.m. toutes les 4 heures, ou 15-35 mg par heure en perfusion intraveineuse.

Enfants: 1 à 2 mg/kg par voie orale, intramusculaire ou sous-cutanée, à renouveler toutes les 4 heures selon les besoins.

Analgésie obstétricale

1 mg/kg, à renouveler selon les besoins. La dernière dose doit être administrée dans la mesure du possible 1 à 3 heures avant l’accouchement, de façon à éviter une dépression chez le nouveau-né.

Les posologies seront diminuées chez les sujets âgés et ceux atteints d’une affection cardio-pulmonaire.

Contre-indications

• Asthme bronchique, emphysème ou insuffisance cardiaque secondaire à une pneumopathie chronique.

• Hypertension intracrânienne, traumatisme crânien ou tumeur cérébrale.

• Insuffisance hépatique grave, insuffisance corticosurrénale, hypothyroïdie.

• Troubles convulsifs, alcoolisme aigu, delirium tremens.

• Malades ayant reçu des inhibiteurs de la monoamine oxydase dans les 14 jours précédents.

Précautions

Lorsque la péthidine a été administrée pendant l’anesthésie, on surveillera régulièrement les signes vitaux dès la fin de l’opération, car la dépression respiratoire peut persister pendant plusieurs heures.

Une ventilation en pression positive intermittente doit pouvoir être immédiatement mise en œuvre.

Pour diminuer le risque de dépendance, on n’utilise habituellement pas d’opioïdes pour l’analgésie postopératoire pendant plus de 7 jours.

Grossesse

La péthidine ne sera utilisée en fin de la grossesse que si son indication l’emporte sur les risques possibles pour le fœtus. Pendant le travail, elle peut provoquer une dépression respiratoire chez l’enfant, nécessitant l’administration de naloxone immédiatement après la naissance, à raison de 10 microgrammes/kg par voie i.m.

Effets indésirables

Les effets indésirables de la péthidine sont les suivants: dépression respiratoire, nausées et vomissements, vertiges, somnolence et confusion, hypotension, bradycardie et palpitations.

Les phénomènes allergiques sont rares mais on a rapporté des réactions de type anaphylactique.

L’administration prolongée de péthidine peut entraîner une dépendance physique.

Interactions médicamenteuses

La péthidine potentialise les effets de tous les autres dépresseurs centraux. Ses effets sont antagonisés par la naloxone en moins de 2 minutes.

L’administration de sédatifs sera suspendue chez les malades ayant reçu de la péthidine, car ils peuvent provoquer une agitation ou une confusion.

Surdosage

Le surdosage se caractérise par une dépression respiratoire, une somnolence marquée évoluant vers la stupeur ou le coma, avec myosis extrême. Un collapsus cardio-vasculaire et un arrêt cardiaque sont les événements terminaux. Le traitement est essentiellement symptomatique: ventilation assistée et administration de vasopresseurs et de solutés de remplissage pour maintenir un volume circulatoire normal. Sauf aux toxicomanes chez lesquels les antagonistes spécifiques déclenchent un syndrome aigu de sevrage, on administrera de la naloxone (200 microgrammes i.v.), toutes les 2 minutes, à la demande.

Conservation

Les comprimés et les solutions injectables de péthidine doivent être conservés dans des récipients étanches, à l’abri de la lumière et du gel.

On observera la réglementation relative aux substances inscrites au tableau 1 de la Convention unique sur les stupéfiants1.

1Convention unique sur les stupéfiants, 1961. New York, Nations Unies, 1977.

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