Fiches modèles OMS d'information à l'usage des prescripteurs: Médicaments utilisés en anesthésie
(1991; 64 pages) [English] View the PDF document
Table of Contents
View the documentPréface
View the documentIntroduction
Open this folder and view contentsPrémédication
Open this folder and view contentsAnesthésiques généraux et oxygène
Close this folderAnesthésiques locaux
View the documentBupivacaïne
View the documentLidocaïne
View the documentTétracaïne
View the documentEpinéphrine (associée aux anesthésiques locaux)
Open this folder and view contentsAnalgésiques non opioïdes
Open this folder and view contentsAnalgésiques opioïdes et antagonistes
Open this folder and view contentsMyorelaxants et inhibiteurs de la cholinestérase
Open this folder and view contentsSubstituts du sang
Open this folder and view contentsSolutions servant à corriger les déséquilibres hydro-électrolytiques
Open this folder and view contentsAntiacide utilisé en obstétrique
View the documentL’anesthésie à l’hôpital de district
View the documentAutres publications de l’OMS relatives aux produits pharmaceutiques
View the documentCouverture arrière
 

Bupivacaïne

Groupe: anesthésique local
Solution injectable (chlorhydrate): 2,5 mg/ml (0,25%) ou 5 mg/ml (0,5%) en ampoules de 10 ml; 5 mg/ml (0,5%) en cartouches de 1,8 ml pour anesthésie dentaire; 7,5 mg/ml (0,75%) avec du glucose à 82,5 mg/ml (8,25%) en ampoules de 4 ml

Généralités

La bupivacaïne est un anesthésique local à longue durée d’action. De ce fait, il est rarement nécessaire d’ajouter de l’adrénaline. Au point d’application, la bupivacaïne bloque la naissance et la transmission de l’influx nerveux en stabilisant la membrane neuronale. Elle est finalement métabolisée dans le foie. La durée de l’anesthésie dépend à la fois du point d’injection et de la concentration injectée. Elle est en général de 2 à 4 heures.

Données cliniques

Indications

• Anesthésie locale par infiltration.
• Blocs périphérique et sympathique.
• Anesthésie dentaire.
• Rachianesthésie.
• Anesthésies épidurales et caudales (ces techniques provoquent une anesthésie régionale prolongée et ne doivent être appliquées que par des anesthésistes qualifiés et expérimentés).

La bupivacaïne ne doit pas être employée pour l’anesthésie régionale par voie intraveineuse, ni en application locale.

Posologie et administration

Le but recherché est d’administrer la plus petite dose efficace; cette dose varie en fonction de la technique choisie, du degré d’anesthésie recherché, de la vitesse d’absorption à partir du point d’injection, enfin de la taille et de la sensibilité du malade. On obtient des taux sanguins initiaux d’autant plus élevés que les concentrations utilisées sont plus fortes.

Chez l’adulte comme chez l’enfant, pour une solution de bupivacaïne à 0,25%, la dose maximale que l’on peut utiliser sans danger est de 1,5 mg/kg. Le tableau qui suit donne des indications générales sur la posologie pour adultes. On utilisera des doses plus faibles chez les malades fragiles, âgés, épileptiques ou atteints de maladies aiguës.

En général, la bupivacaïne n’est pas indiquée chez l’enfant de moins de 12 ans, car on ne dispose pas de suffisamment d’informations sur ses effets dans ce groupe d’âge.

Les solutions de bupivacaïne contenant des conservateurs ne doivent être employées ni pour la rachianesthésie, ni pour l’anesthésie épidurale ou caudale.

Rachianesthésie

La rachianesthésie ne doit être effectuée que par une personne maîtrisant parfaitement cette technique et capable de traiter les complications possibles. Une solution fortement dosée (0,75% de bupivacaïne dans du glucose à 8,25%) permet d’obtenir le relâchement musculaire nécessaire à une intervention abdominale. Une asepsie rigoureuse est nécessaire pour l’injection et le malade doit être mis dans une position assurant sa sécurité et le niveau voulu d’analgésie.

Technique d’anesthésie

Concentration (%)

Dose

   

ml

mg

Infiltration locale

0,25

jusqu’à 60

jusqu’à 150

Bloc périphérique

0,5

jusqu’à 30

jusqu’à 150

Anesthésie dentaire

0,5

1,8-3,6

9,0-18,0

Rachianesthésie

0,75 (+ glucose à 8,25%)

1-1,5

7,5-11,25

En raison du bloc sympathique qu’elle provoque, la rachianesthésie s’accompagne toujours d’hypotension. Elle est totalement contre-indiquée quand il existe un risque d’hypovolémie. On peut, la plupart du temps, prévenir une réaction hypotensive par la perfusion préalable de 500 ml à 1 000 ml de soluté physiologique (9 mg/ml), mais on mesurera toujours la tension artérielle toutes les 2 minutes pendant au moins 10 minutes. Les céphalées postopératoires peuvent le plus souvent être évitées en conseillant au malade de rester étendu pendant 24 heures.

Obstétrique

Pour soulager la douleur pendant le travail, le bloc épidural lombaire a presque totalement remplacé le bloc épidural caudal. Il demande moins de produit, comporte moins de risque d’infection, et il est facile d’étendre l’anesthésie si une césarienne était nécessaire. Mais, étant donné les risques que comporte cette technique aussi bien pour la mère que pour l’enfant, elle ne doit être appliquée que par des anesthésistes qualifiés et expérimentés. On n’utilisera pas de concentrations supérieures à 0,5% qui pourraient provoquer un arrêt cardiaque et le décès de la mère. Pendant toute l’anesthésie, on surveillera la tension artérielle de la mère, le rythme cardiaque du fœtus et les contractions utérines. On n’utilise à peu près plus le bloc paracervical au cours du travail car il donne lieu à des concentrations plasmatiques trop élevées chez le fœtus.

Contre-indications

• Hypersensibilité à la bupivacaïne connue ou soupçonnée.

• Infection cutanée près du point prévu pour l’injection, traitement concomitant par des anticoagulants ou tendance anormale au saignement.

• Anémie sévère ou maladie cardiaque.

• Une rachianesthésie et une anesthésie épidurale ne doivent jamais être effectuées chez des malades déshydratés ou hypovolémiques.

Précautions

Il faut avoir en permanence à portée de main tout le matériel de réanimation nécessaire.

On s’assurera que le malade est psychologiquement prêt à accepter l’intervention envisagée.

Des taux sanguins élevés de bupivacaïne doivent être évités en cas d’insuffisance hépatique.

Il faut toujours veiller à éviter une injection intravasculaire accidentelle.

Grossesse

L’innocuité de ce type d’anesthésie au début de la grossesse n’a pas été prouvée. Toutefois, rien ne permet de penser que l’exposition de la mère à la bupivacaïne fait courir un risque au fœtus.

Effets indésirables

Ils peuvent résulter d’un surdosage, d’une injection intravasculaire accidentelle, ou encore d’une injection dans un tissu fortement vascularisé. Le début de l’intoxication est marqué par des sensations ébrieuses, des vertiges, des troubles de l’accommodation, de l’agitation, des tremblements, et parfois des convulsions. Ces signes sont rapidement suivis par une somnolence, une perte de conscience et une insuffisance respiratoire. La dépression myocardiaque et l’hypotension peuvent provoquer une hypoxie, une acidose, un bloc cardiaque et un arrêt cardiaque.

Des réactions allergiques et d’hypersensibilité sont également possibles.

Complications éventuelles de l’anesthésie épidurale: rétention urinaire, incontinence fécale, céphalées, lombalgies et perte de la sensibilité périnéale. Des paresthésies ou une paraplégie transitoires sont beaucoup plus rares.

Interactions médicamenteuses

L’administration simultanée d’ocytociques au cours du post-partum peut être à l’origine d’une hypertension grave et prolongée. L’association, pendant ou après l’administration d’halothane ou de trichloréthylène, de préparations de bupivacaïne contenant de l’adrénaline comporte un risque de troubles du rythme cardiaque.

Surdosage

Les effets d’un surdosage ou d’une injection intravasculaire accidentelle sont ceux qui sont décrits ci-dessus. Leur traitement est essentiellement symptomatique car il n’existe pas d’antidote spécifique. Il faut maintenir la liberté des voies aériennes et pratiquer, si nécessaire, une ventilation assistée. D’éventuelles convulsions peuvent être maîtrisées par l’administration de diazépam ou de thiopental.

Conservation

Les solutions injectables de bupivacaïne doivent être conservées à l’abri de la lumière et du gel. Les ampoules ne doivent pas être utilisées si leur contenu change de couleur.

to previous section
to next section
 
 
The WHO Essential Medicines and Health Products Information Portal was designed and is maintained by Human Info NGO. Last updated: October 29, 2018