Fiches modèles OMS d'information à l'usage des prescripteurs: Médicaments utilisés en anesthésie
(1991; 64 pages) [English] View the PDF document
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Halothane

Groupe: anesthésique volatil pour inhalation

Généralités

L’halothane est un liquide incolore, volatil, non irritant, d’une odeur douceâtre. Il n’est ni inflammable ni explosif. Aux doses anesthésiques, il déprime les fonctions cérébrales et l’activité sympathique, et il ne produit, tout au plus, qu’une faible excitation préliminaire.

Avantages

L’halothane est un anesthésique pour inhalation puissant, non inflammable. L’induction est douce et rapide, et on peut obtenir une anesthésie en 2 à 5 minutes. Il n’augmente pas les sécrétions salivaires ou bronchiques et la toux est moins fréquente qu’avec l’éther. Le réveil est rapide, rarement accompagné de nausées et de vomissements. L’halothane ne réagit pas avec la chaux sodée et peut être utilisé en circuit fermé.

Inconvénients

Une hépatite grave, parfois mortelle, est une complication connue de l’anesthésie à l’halothane, dont la fréquence est de 1 pour 50 000. Elle a plus de chance de survenir chez des sujets anesthésiés à plusieurs reprises avec de l’halothane dans un court laps de temps.

Il y a peu de différence entre les doses qui provoquent une dépression respiratoire ou une dépression vasomotrice. En raison de son effet cardio-dépresseur, l’halothane est en général associé à un autre agent volatil, comme le protoxyde d’azote ou le trichloréthylène, pour obtenir une anesthésie chirurgicale. Pour préparer le malade à une intervention abdominale il est nécessaire d’y ajouter des myorelaxants.

Bien qu’il supprime l’activité sympathique endogène, l’halothane sensibilise le coeur aux effets arythmiques des catécholamines.

Données cliniques

Indications

En chirurgie, induction et entretien de l’anesthésie dans tous les types d’interventions.

Posologie et administration

Méthode d’administration

L’halothane doit toujours être administré à l’aide d’un évaporateur spécialement étalonné. Cet évaporateur doit être régulièrement vidangé et l’halothane jeté si sa couleur se modifie.

Si l’on emploie des appareils “draw-over” ou des inhalateurs, un appoint d’oxygène ou une ventilation assistée sera peut-être nécessaire pour maintenir une oxygénation suffisante, même si l’on utilise l’air comme gaz vecteur.

L’halothane ne convient pas à l’anesthésie en “goutte-à-goutte”, encore qu’on puisse en appliquer quelques gouttes sur un masque facial pour rendre plus confortable l’administration ultérieure d’éther.

Induction

Il faut maintenir un apport de gaz contenant au moins 30% d’oxygène. L’halothane sera progressivement introduit et sa concentration augmentée, après quelques inspirations, jusqu’à ce qu’elle soit de 2 à 3% dans les gaz inhalés (pour les adultes) et de 1,5 à 2 % (pour les enfants).

Maintien de l’anesthésie

En général, des concentrations d’halothane de 0,5 à 1,5% sont suffisantes chez l’adulte et chez l’enfant.

Réveil

Le réveil est relativement rapide, mais sa durée varie en fonction des concentrations utilisées et de la durée de l’anesthésie. Des frissons sont fréquents pendant le réveil, mais il suffit de recouvrir le malade d’une couverture chaude pour les supprimer et si cela est insuffisant de lui donner de la chlorpromazine (10 mg en i.m.). Lorsque c’est possible, on donnera de l’oxygène.

Contre-indications

• Antécédents d’ictère inexpliqué à la suite d’une précédente anesthésie à l’halothane.
• Antécédents familiaux d’hyperthermie maligne.
• Hypertension du liquide céphalorachidien.

Précautions

Il faudra s’assurer qu’il n’y a pas eu de réactions à l’halothane lors d’une éventuelle exposition antérieure. Une anamnèse détaillée est donc nécessaire.

On laissera s’écouler au moins trois mois entre chaque anesthésie à l’halothane. En effet, l’administration fréquente et répétée de ce produit augmente le risque de lésions hépatiques. Une prémédication par l’atropine diminue le risque d’hypotension et de bradycardie. Néanmoins, on surveillera le pouls et la tension artérielle pendant toute l’anesthésie et on diminuera la concentration d’halothane en cas d’hypotension. Si l’état du malade devenait inquiétant, l’halothane serait arrêté.

L’emploi d’adrénaline augmente le risque d’arythmies ventriculaires. Elle ne sera utilisée que par un anesthésiste qualifié, et si les précautions suivantes sont respectées:

• La dose totale ne doit pas dépasser 20 ml d’une solution à 5 microgrammes/ml (1:200 000) en 10 minutes, ou 30 ml en 1 heure. Il ne faut pas employer de concentrations supérieures.

• La ventilation sera réglée de façon à éviter tout risque d’hypoxie ou d’hypercapnie.

Grossesse

L’halothane ne sera utilisé pendant la grossesse que si son indication l’emporte sur les risques possibles pour le fœtus.

En cas de césarienne, on emploiera des concentrations faibles (pas plus de 0,5%) pour éviter une hypotonie utérine et des hémorragies du post-partum trop importantes.

Effets indésirables

L’halothane peut provoquer des troubles du rythme, en particulier une dissociation auriculo-ventriculaire, un rythme nodal et des extrasystoles ventriculaires.

Chez un petit nombre de malades, des lésions hépatiques sont possibles. En général, un état fébrile s’installe deux à trois jours après l’anesthésie; il s’accompagne d’anorexie, de nausées et de vomissements, et dans les cas graves, un ictère transitoire apparaît, ou, beaucoup plus rarement, une nécrose hépatique mortelle.

Interactions médicamenteuses

L’halothane potentialise l’action des produits suivants:

• hypotenseurs, notamment le bromure d’héxaméthonium et le camsilate de trimétaphan

• myorelaxants non dépolarisants.

Lorsqu’on emploie de la kétamine pour induire l’anesthésie, le réveil peut être plus long.

L’emploi de suxaméthonium pendant l’anesthésie peut augmenter le risque d’hyperthermie maligne.

Surdosage

Les décès dus à un surdosage ont pour cause une dépression cardio-vasculaire. Il n’existe aucun antidote spécifique.

Conservation

L’halothane doit être conservé dans des récipients en verre jaune, étanches, à l’abri de la lumière et au-dessous de 25°C. Les préparations commerciales contiennent du thymol à raison de 100 microgrammes/ml, comme stabilisant.

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