Rapport de la consultation sur le SIDA et la médecine traditionnelle: Contribution possible des tradipraticiens (Francistown, Botswana, 23-27 juillet 1990)
(1990; 60 pages) [English] View the PDF document
Table of Contents
Open this folder and view contents1. INTRODUCTION
Open this folder and view contents2. APPROCHES PERMETTANT D’ASSOCIER LES TRADIPRATICIENS A LA LUTTE CONTRE LE SIDA
Open this folder and view contents3. RECOMMANDATIONS
Close this folderANNEXES
View the document1. Liste des participants
View the document2. Programme de travail de la consultation
View the document3. Allocution de bienvenue de M. M. Tshipinare Ministre de la Santé par intérim du Botswana
View the document4. Déclaration liminaire du Dr G. L. Monekosso, Directeur du Bureau régional OMS de l’Afrique
View the document5. Médecine traditionnelle et SIDA: Tendances et perspectives par le Dr Olayiwola Akerele, Directeur du Programme de Médecine traditionnelle, OMS, Genève
View the document6. Aperçu de l’épidémiologie du SIDA dans le monde par le Dr Benjamin M. Nkowane, Médecin, Programme mondial de Lutte contre le SIDA, OMS, Genève
Close this folder7. Profils de pays
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Zimbabwe

L’Association nationale zimbabwéenne des tradipraticiens (ZINATHA) a été créée en juillet 1980. En 1981, le Gouvernement zimbabwéen a adopté une loi dite Loi relative aux tradipraticiens, qui a contribué au développement de la médecine traditionnelle au Zimbabwe à plusieurs titres. Premièrement, la loi reconnaissait la ZINATHA comme l’association légale à laquelle tous les tradipraticiens devaient adhérer. Ce statut leur permettait de s’organiser plus ouvertement et plus efficacement que dans le passé. Deuxièmement, la loi prévoyait, parallèlement à l’Association, un conseil de la médecine traditionnelle appelé officiellement Conseil des tradipraticiens.

Grâce à la création de la ZINATHA et du Conseil des tradipraticiens, la recherche sur la médecine traditionnelle au Zimbabwe a été plus facile que dans le passé. Beaucoup de tradipraticiens acceptent désormais plus volontiers qu’auparavant de parler de leur activité et la stigmatisation attachée à la médecine traditionnelle à l’époque coloniale a pratiquement disparu.

L’année 1981 a également été un tournant décisif dans l’histoire des relations conflictuelles entre systèmes de soins moderne et traditionnel au Zimbabwe. Une coopération entre ces deux systèmes est désormais possible et, en fait, encouragée. Bien que l’Etat ne s’occupe officiellement que du secteur moderne, il a autorisé le secteur traditionnel à se développer de son propre chef sans contrôles officiels excessifs. On a laissé aux tradipraticiens, par le biais de leur association et de leur conseil, la responsabilité essentielle de déterminer et de contrôler leurs activités.

Le nombre de tradipraticiens agréés par la ZINATHA est d’environ 24 000, mais le processus d’enregistrement se poursuit.

L’organe de base de la ZINATHA est une branche, avec un comité exécutif constitué de dix responsables élus. Il existe à l’heure actuelle 312 branches dans le pays. L’échelon intermédiaire entre les branches et la direction nationale est le Comité exécutif de district; on en dénombre un au moins dans chaque district administratif du Zimbabwe, mais la plupart des districts en compte deux. Le Comité exécutif de district comprend 10 membres, qui sont eux aussi élus. On dénombre actuellement 104 comités exécutifs de district. Les comités sont coiffés par le Comité exécutif national, composé de 16 membres élus, dont le président de l’Association. Les responsables nationaux sont élus tous les 5 ans par tous les tradipraticiens agréés, lors d’un congrès de l’Association. La ZINATHA a cinq départements: finances, recherche, éducation, affaires juridiques et, depuis janvier 1990, information sur le SIDA.

Les tradipraticiens et la lutte contre le SIDA

La ZINATHA a commencé à participer à la lutte contre la propagation du SIDA en 1988. En collaboration avec le Ministère de la Santé, l’Association a organisé, la même année, deux ateliers destinés essentiellement aux membres du Comité exécutif national de la ZINATHA et aux membres du Conseil des tradipraticiens. Un petit nombre de responsables des districts y ont également participé. Quatre autres ateliers ont été organisés par l’Association en 1989, toujours en collaboration avec le Ministère de la Santé. Ces ateliers s’adressaient en priorité aux responsables des districts. En janvier 1990, la ZINATHA entreprit un vaste programme d’éducation pour la santé au niveau communautaire, afin de développer la sensibilisation au VIH/SIDA et de promouvoir sa prévention et la prise en charge des cas, avec l’aide financière de donateurs.

Le programme a trois grands objectifs. Premièrement, il s’agit d’éduquer les tradipraticiens pour ce qui concerne la prise de conscience, la prévention et la prise en charge du SIDA/VIH, et de les encourager à transmettre leur savoir aux communautés dans lesquelles ils travaillent. Deuxièmement, on espère sensibiliser davantage les tradipraticiens eux-mêmes vis-à-vis de leurs pratiques, qu’il s’agisse de leur capacité de transmettre le virus ou de leur risque d’être contaminés par lui. Troisièmement, on veut développer la communication et la coopération entre médecine traditionnelle et médecine moderne.

Une étude de référence a été consacrée au programme de mars à mai 1990. Cette étude avait trois grands objectifs. Premièrement, comprendre quelles étaient les connaissances, les attitudes et les pratiques avant le démarrage du programme, afin de mesurer l’impact des informations nouvelles dispensées par le biais des ateliers. Deuxièmement, identifier chez les participants les lacunes, les idées fausses et les besoins en matière d’information, et préconiser les programmes de formation correspondants. Troisièmement, fournir des indications sur les moyens de dispenser ces informations de façon appropriée et efficace.

Les résultats de l’étude ont montré qu’il y avait de grandes lacunes en matière d’éducation et d’alphabétisme, ce qui signifie que les ateliers devront mettre l’accent sur une pédagogie orale et picturale. On a préparé dans les langues locales une brochure simple contenant des informations générales sur le VIH/SIDA et montrant en quoi la maladie intéresse particulièrement les tradipraticiens. On envisage actuellement d’organiser dix ateliers à l’intention des membres de la ZINATHA. Il est prévu des travaux de suivi après les ateliers, notamment sur les aspects suivants: En quoi consiste le SIDA? Comment se propage-t-il? Comment les guérisseurs risquent-ils de contracter ou de transmettre le virus? Comment les guérisseurs peuvent-ils éviter d’être contaminés par la maladie ou de la transmettre? Signes et symptômes de l’infection à VIH et du SIDA. Comment réagit-on quand on est séropositif, ou qu’on a le SIDA? Soutien que les guérisseurs peuvent apporter aux personnes contaminées par le VIH ou aux malades du SIDA et à leur famille. Rôle des guérisseurs dans le diagnostic, l’orientation, le traitement, la prise en charge et les conseils aux personnes contaminées par le VIH ou aux malades du SIDA. Rôle des guérisseurs dans l’information et la sensibilisation concernant le VIH/SIDA.

D’autres ateliers seront organisés en 1991 si le Ministère de la Santé, la communauté des donateurs ou les deux fournissent les fonds nécessaires. La ZINATHA ne peut pas organiser d’ateliers sur le SIDA avec ses propres ressources.

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