Il existe en Ouganda une loi générale couvrant la pratique de la médecine, ainsi que des lois concernant spécifiquement les médecins, les dentistes, les pharmaciens, le personnel infirmier et le personnel paramédical pratiquant la médecine moderne. Mais il n’existe pas de loi régissant précisément les activités des guérisseurs traditionnels. Leur pratique est donc réglementée par une sorte de loi amorphe qui n’énonce pas leurs responsabilités et leurs limites spécifiques. Du fait que le gouvernement ne reconnaît pas clairement les tradipraticiens, il n’est pas possible de regrouper ces derniers en une association légale et leurs activités en matière de soin de santé ne sont ni reconnues ni appréciées.
Toutefois, notre étude du rôle des guérisseurs traditionnels dans la prise en charge des maladies diarrhéiques a révélé que dans tous les villages ougandais, on trouvait au moins deux tradipraticiens. Il existe donc dans le pays un grand nombre de guérisseurs qui traitent plus de 80 % de la population. En raison de la confiance que la population continue à avoir en eux, les tradipraticiens occupent une place unique dans la société ougandaise et ils pourront jouer un rôle important dans la lutte contre le SIDA une fois que le gouvernement aura décidé de les faire participer à la campagne anti-SIDA. Ces personnes sont disponibles et il semble qu’on pourrait utilement avoir recours à elles non seulement pour lutter contre le SIDA, mais aussi pour trouver des solutions pratiques aux problèmes que pose la lutte contre d’autres maladies transmissibles.