La situation de la médecine traditionnelle au Nigeria n’a pas beaucoup évolué depuis l’étude d’Oyebola (1986). Il n’y a pas de politique officielle vis-à-vis de la médecine traditionnelle et les tradipraticiens continuent à réclamer la reconnaissance de leur profession.
Des représentants des associations de tradipraticiens devaient rencontrer le Ministre de la Santé à Lagos en 1988. Malheureusement, le jour de la réunion l’un des plus éminents tradipraticiens a succombé à un malaise au Ministère Fédéral de la Santé; ceci a entraîné une certaine confusion et la réunion n’a pas pu avoir lieu. Il n’a pas été prévu depuis d’autre réunion avec le Ministre de la Santé. Ce dernier, qui est professeur de pédiatrie, a toujours affirmé néanmoins que si les tradipraticiens ne consentaient pas à ce que leurs remèdes fassent l’objet d’une évaluation scientifique, les autorités pourraient difficilement reconnaître globalement une pratique au sujet de laquelle elles ne disposaient que d’informations limitées.
En 1988 pourtant, le Ministère Fédéral de la Science et de la Technologie a créé, sur instructions ministérielles, un Comité national sur la médecine traditionnelle et alternative. Parmi les membres du Comité figuraient des conférenciers/professeurs d’universités, des docteurs ès sciences, des tradipraticiens, des praticiens de la médecine alternative et de hauts responsables du Ministère de la Science et de la Technologie et du Ministère de la Santé. Le Comité était chargé d’examiner la médecine traditionnelle et la médecine alternative sous tous leurs aspects et de proposer au gouvernement des recommandations pertinentes quant aux meilleurs moyens d’incorporer ce groupe de praticiens au système national de soins de santé. Le Comité a préparé un document contenant des recommandations détaillées sur les moyens de tirer parti des possibilités offertes par la médecine traditionnelle et par la médecine alternative pour améliorer le système national de prestation de soins de santé. Le document en question devait être présenté par le Ministre de la Science et de la Technologie au Conseil des Ministres pour examen et approbation. Malheureusement, il y a eu un remaniement du Cabinet ministériel entretemps et le Ministre a été démis de ses fonctions.
Les autorités ont eu recours aux services de la médecine traditionnelle essentiellement à travers les accoucheuses traditionnelles, dont beaucoup de gouvernements d’états et le gouvernement fédéral se sont attachés à promouvoir la formation et l’utilisation. On continue à souscrire à l’idée de prise en charge des malades psychiatriques dans le cadre du village, conformément à l’approche communautaire suivie par les tradipraticiens lancée par le Professeur Adeoye Lambo il y a près de 30 ans.
Les spécialités de la médecine traditionnelle dans une partie du Nigeria et les associations professionnelles de guérisseurs ont fait l’objet de deux publications (Oyebola, 1980 (a) et (b)).
Les tradipraticiens n’ont pas été associés à la lutte contre le VIH/SIDA au Nigeria et le gouvernement n’a pas pris position quant au fait que les tradipraticiens pouvaient ou non y participer.
Références
1. Oyebola DDO. (1986) Medical politics in Nigeria. In: Last M, Chavunduka G. The professionalization of African medicine. Manchester, (Royaume-Uni), Manchester University Press, p 221-236 (International African Seminars).
2. Oyebola DDO. Traditional medicine and its practitioners among the Yoruba of Nigeria: classification. Social Science and Medicine 1980; 14A; 23-29.
3. Oyebola DDO. Professional associations, ethics and discipline among Yoruba traditional healers of Nigeria. Social Science and Medicine 1980; 15B: 87-105.