Au Ghana, on s’intéresse aux activités des tradipraticiens depuis l’indépendance, en 1956. Plus précisément, en 1962 le Gouvernement ghanéen a chargé un scientifique d’étudier la pratique des guérisseurs traditionnels. Il y avait à cela plusieurs raisons:
a) le souci de revitaliser des institutions traditionnelles comme signe d’indépendance;
b) le manque de ressources financières et autres dans les régions reculées;
c) la nécessité de tirer parti des ressources de tous les tradipraticiens pour traiter et prévenir les maladies infectieuses et autres.
Quatre types de tradipraticiens ont été identifiés:
a) les accoucheuses traditionnelles;
b) les phytothérapeutes;
c) les spirites;
d) les guérisseurs mystiques.
En 1974, l’OMS a aidé le Ghana en lui procurant les fonds nécessaires pour ouvrir le Centre pour l’Etude scientifique de la Phytothérapie.
En 1990, le Ministère ghanéen de la Santé a décidé de créer au sein du Ministère un service de médecine traditionnelle chargé d’inciter les tradipraticiens à coopérer avec les programmes de soins de santé primaires.
Ceci offrira au Ministère la possibilité de dialoguer avec les guérisseurs traditionnels et de les associer à la lutte contre le SIDA.
Les guérisseurs traditionnels opèrent dans les zones rurales et dans les régions reculées. Comme ils ont une nombreuse clientèle, il faut s’assurer leur coopération pour leur faire comprendre le mode de transmission du virus du SIDA si l’on veut juguler la propagation de la maladie.
Il faut faire connaître aux tradipraticiens les dangers qu’il y a à utiliser à mauvais escient des aiguilles, à ne pas porter de vêtements de protection durant les accouchements, etc.
Les praticiens de la médecine moderne et le Ministère de la Santé pourront également tirer parti des méthodes traditionnelles pour lutter contre la propagation du SIDA.