Rapport de la consultation sur le SIDA et la médecine traditionnelle: Contribution possible des tradipraticiens (Francistown, Botswana, 23-27 juillet 1990)
(1990; 60 pages) [English] View the PDF document
Table of Contents
Close this folder1. INTRODUCTION
View the document1.1 Cadre de la consultation
View the document1.2 But et objectifs de la consultation
View the document1.3 Organisation et travaux de la consultation
Open this folder and view contents2. APPROCHES PERMETTANT D’ASSOCIER LES TRADIPRATICIENS A LA LUTTE CONTRE LE SIDA
Open this folder and view contents3. RECOMMANDATIONS
Open this folder and view contentsANNEXES
 

1.1 Cadre de la consultation

Le syndrome de l’immunodéficience acquise (SIDA) a été identifié initialement en juin 1981. En décembre 1990, 307 000 cas environ de SIDA au total avaient été officiellement notifiés à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) par 156 Etats Membres. Quelque 80 000 de ces cas concernaient l’Afrique au sud du Sahara.

On pense néanmoins que les chiffres notifiés ne représentent qu’une fraction du nombre réel de cas de SIDA. Selon les estimations de l’OMS, il pourrait y avoir au total près d’un million de cas dans le monde, dont 700 000 dans l’Afrique au sud du Sahara. De 8 à 10 millions d’adultes sont infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). L’OMS attend de 8 à 10 millions de cas de SIDA d’ici l’an 2000.

La pandémie de SIDA a eu un impact important sur les individus et sur les communautés dans le monde entier et en particulier dans la région africaine. Comme jusqu’à présent la médecine n’a pas pu juguler la propagation de l’infection, on s’est tourné à nouveau non seulement vers les possibilités offertes par la médecine traditionnelle, mais surtout vers les tradipraticiens, qui pourraient jouer un rôle majeur dans la mise en oeuvre des stratégies nationales visant à lutter contre l’infection à VIH et à améliorer les symptômes provoqués par les infections opportunistes et par le SIDA.

En 1976, l’Assemblée mondiale de la Santé a reconnu l’intérêt potentiel que présentait la médecine traditionnelle pour développer les services de santé en attirant l’attention sur la réserve de personnel constituée par les praticiens de la médecine traditionnelle (résolution WHA29.72). L’année suivante, une résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé (WHA30.49) a invité les pays à utiliser leurs systèmes traditionnels de médecine. Dans une autre résolution adoptée en 1978, l’Organisation a été priée d’aborder la question des plantes médicinales dans une optique globale (WHA31.33). Neuf années plus tard, en 1987, la Quarantième Assemblée mondiale de la Santé a réaffirmé les points essentiels des résolutions antérieures, ainsi que les recommandations pertinentes faites à la Conférence internationale sur les Soins de santé primaires tenue à Alma-Ata (URSS) en 1978 (WHA40.33).

La Quarante-et-unième Assemblée mondiale de la Santé a attiré l’attention sur la Déclaration de Chiang Mai (1988), intitulée “Sauver des vies en sauvant des plantes” et fait sien l’appel en faveur d’une coopération et d’une coordination internationales en vue de l’établissement de programmes de préservation des plantes médicinales destinés à assurer que les générations futures disposent de ces plantes en quantités adéquates (résolution WHA41.19).

En 1989, l’Assemblée a adopté une résolution (WHA42.43) qui rappelait les résolutions précédentes concernant la médecine traditionnelle, les tradipraticiens et les remèdes traditionnels et affirmait qu’ils représentaient ensemble une approche globale de la question de l’utilisation des plantes médicinales dans les services de santé.

Avec cette résolution, on disposait d’un nouveau cadre pour les initiatives futures visant à promouvoir une collaboration efficace entre médecine traditionnelle et médecine moderne dans les Etats Membres de l’OMS. Il est judicieux sur le plan économique et acceptable du point de vue culturel de prendre en compte des traitements traditionnels utiles et sans danger lorsqu’il s’agit de concevoir et de mettre en oeuvre les systèmes de santé nationaux.

Compte tenu des ressources humaines et matérielles limitées dont disposent les gouvernements africains et du nombre extrêmement élevé de cas de SIDA dans la région, il est urgent de prévoir des approches nouvelles pour enrayer la propagation de cette maladie redoutée. Ces approches nouvelles devraient non seulement être élaborées dans le cadre des stratégies nationales en matière de soins de santé primaires, mais aussi prendre en compte le fait que dans beaucoup de pays, il est d’usage sur le plan individuel ou communautaire de recourir à la médecine traditionnelle qui constitue une sorte de pratique privée parallèle au système de santé structuré. Les autorités doivent donc veiller à ce que les formes traditionnelles de traitement n’aient pas d’effets néfastes et encourager les pratiques efficaces et bénéfiques qui sont conformes aux croyances de la population. Ces pratiques positives peuvent être déterminantes pour faire face à la crise actuelle.

Conscients de la gravité du problème du SIDA, beaucoup de pays africains ont mis sur pied des programmes nationaux de lutte contre le SIDA. Le Botswana, le Kenya, l’Ouganda, la République-Unie de Tanzanie et le Zimbabwe, par exemple, ont identifié les secteurs de programme permettant d’associer les tradipraticiens aux activités communautaires en matière de santé. Il s’agit notamment des soins de santé communautaires, de l’éducation pour la santé, des services de conseil et de la prise en charge de certains symptômes. Outre ces activités, on peut envisager d’associer les tradipraticiens à l’action menée au niveau communautaire pour donner des informations sur les comportements sexuels adaptées aux différentes cultures et pour formuler et faire passer des messages spécifiques pour la promotion de la santé. Comme ces efforts n’ont pas été coordonnés jusqu’à présent, on ne dispose pas de base de comparaison pour mesurer leur efficacité. Il est évident toutefois que s’ils sont correctement motivés et impliqués, les tradipraticiens peuvent constituer un lien utile avec la majorité de la population qu’il peut être difficile, voire impossible, d’atteindre pour la médecine moderne.

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