Pour que les soins de santé soient efficaces, il faut établir un équilibre judicieux entre les activités curatives et les activités préventives. Le présent manuel traite d'un élément primordial et souvent mal maîtrisé des services de traitement, à savoir la fourniture en quantité suffisante de médicaments appropriés.
Le manuel s'adresse principalement aux pays qui mettent en place un programme d'action pour les médicaments et vaccins essentiels, lequel nécessite un système efficace de gestion de l'approvisionnement en médicaments. Les principales composantes de ce système sont les suivantes:
(1) |
SÉLECTION |
détermination des médicaments nécessaires. |
| |
|
|
(2) |
QUANTIFICATION |
estimation de la quantité nécessaire de chaque médicament. |
| |
|
|
(3) |
ACQUISITION |
choix des fournisseurs, passation et suivi des commandes, contrôle quantitatif et qualitatif des médicaments enfin règlement des fournisseurs. |
| |
|
|
(4) |
DISTRIBUTION |
réception, stockage, inventaire, transport et tenue des registres de suivi et de contrôle. |
| |
|
|
(5) |
UTILISATION |
prescription, délivrance et utilisation des médicaments; observances par les patients. |
Le présent manuel traite de la deuxième composante, la quantification. Celle-ci ne doit pas être considérée comme un simple calcul car, ainsi qu'on l'a vue plus haut, elle s'inscrit dans une séquence d'opérations interdépendantes que comporte la gestion de l'approvisionnement en médicaments. La quantification doit, pour être efficace, s'appuyer sur des données précises relatives à la morbidité et à l'utilisation des médicaments ainsi que sur des décisions fondamentales quant au choix des médicaments à mettre à disposition et à leur prescription. En résumé, elle doit faire partie intégrante du système de gestion de l'approvisionnement en médicaments. Cette intégration ne peut se faire que s'il existe à un niveau élevé une volonté constante d'appliquer un système général fondé sur une politique concertée et des démarches bien définies.
Dans la plupart des pays, la quantification des besoins en médicaments s'appuie sur l'expérience, sur les interventions immédiates en cas de crise ainsi que sur des impressions subjectives concernant les quantités nécessaires. En principe, cette façon de procéder peut conduire progressivement au fil des ans à des ajustements et des calculs plus précis jusqu'à ce que l'approvisionnement en médicaments réponde à la demande des services de santé, et que celle-ci corresponde au profil de morbidité de la population qu'ils desservent.
Dans la pratique, cette amélioration progressive s'avère difficile du fait de l'absence de démarches systématiques fondées sur la morbidité et l'utilisation des services de santé, du manque de consensus aussi bien sur les plans clinique qu'économique concernant les traitements les plus rentables, enfin des pressions émanant de sources diverses. L'inadéquation de la quantification pose un problème particulièrement sérieux dans les pays en développement. En général, les budgets y sont très limités et de nombreux pays sont largement tributaires de leurs importations; les commandes doivent être passées bien à l'avance et les achats payés en devises qui font largement défaut. Les erreurs sont difficiles et coûteuses à corriger et peuvent diminuer de beaucoup l'efficacité des services de santé.