Comme on l'a déjà vu, les présentes directives sont essentiellement destinées aux autorités de contrôle pharmaceutique et aux organismes officiels et ne conviennent pas nécessairement à d'autres parties telles que les fabricants qui ont l'expérience des méthodes d'échantillonnage. Les fabricants ayant moins d'expérience peuvent toutefois suivre certaines des recommandations ci-dessous.
Théoriquement, chaque unité d'échantillonnage devrait être examinée afin de vérifier que le récipient est intact, et le contenu inspecté (uniformité) et soumis à des essais chimiques (identité). On vérifiera l'uniformité sur des échantillons prélevés en différents points du produit sans mélange préalable. Toutefois, cette méthode «idéale» n'est pas toujours réalisable ni justifiée; on sélectionnera donc au hasard un certain nombre d'unités d'échantillonnage. De plus, il n'est pas prudent d'ouvrir tous les récipients de produits sujets à détérioration sous l'influence de l'humidité ou de l'oxygène lorsqu'ils séjournent dans un entrepôt de transit. Toutefois, les substances contenues dans des récipients endommagés ou trouvés non uniformes doivent soit être rejetées, soit être individuellement échantillonnées en vue d'un contrôle de qualité complet. Les unités d'échantillonnage non étiquetées doivent être rejetées.
Pour un échantillonnage aléatoire, on numérotera dans l'ordre, si possible, chaque unité d'échantillonnage et on sélectionnera le nombre requis d'unités en utilisant des tables de nombres au hasard. Le nombre d'unités à retenir repose sur diverses hypothèses. On trouvera ci-dessous trois plans d'échantillonnage correspondants.
Chez les fabricants, les laboratoires de contrôle sont chargés d'analyser et d'autoriser ou de rejeter chaque arrivage de matières premières utilisées pour fabriquer un médicament. Pour cela ils doivent avoir des échantillons de chaque unité d'échantillonnage d'un médicament ou d'un excipient afin de pouvoir vérifier l'identité de la substance. Ces échantillons peuvent être ensuite regroupés d'une façon ou d'une autre avant d'être soumis à une analyse complète. Cette méthode doit toujours être observée pour les principes actifs, mais elle peut être jugée superflue ou peu pratique pour certains excipients.
8.2.1 Le «plan n»
Le «plan n» doit être utilisé avec prudence et uniquement lorsque la substance est jugée uniforme et provient d'un fabricant bien connu. Les échantillons peuvent être prélevés dans n'importe quelle partie du récipient (généralement dans la couche supérieure). Le «plan n» est fondé sur la formule
, N étant le nombre d'unités d'échantillonnage dans l'arrivage. La valeur de n est arrondie à l'unité supérieure. Suivant ce plan, les échantillons originaux sont prélevés dans n unités d'échantillonnage choisies au hasard puis mis dans des récipients individuels. Le laboratoire de contrôle examine l'aspect de la substance et vérifie l'identité de chaque échantillon original en fonction des normes pertinentes; si les résultats concordent, les échantillons originaux sont groupés en un échantillon final à partir duquel on prépare un échantillon d'analyse, et on conserve le reste comme échantillon de dépôt. Le «plan n» n'est pas recommandé pour les laboratoires de contrôle des fabricants, qui doivent analyser et autoriser ou rejeter chaque arrivage de matières premières utilisées dans la fabrication d'un médicament.
8.2.2 Le «plan p»
Le «plan p» peut être utilisé lorsque la substance est uniforme, qu'elle provient d'une source bien connue et que l'objectif principal du contrôle est la vérification de l'identité du produit. Le «plan p» est fondé sur la formule
, N étant le nombre d'unités d'échantillonnage. Suivant ce plan, des échantillons sont prélevés dans chacune des N unités d'échantillonnage de l'arrivage puis mis dans des récipients individuels. Ces échantillons originaux sont expédiés au laboratoire de contrôle, soumis à une inspection visuelle et à un essai d'identité (on peut utiliser des méthodes simplifiées) et, si les résultats sont concordants, ils sont regroupés de manière appropriée pour donner p échantillons finaux.
8.2.3 Le «plan r»
Le «plan r» peut être utilisé lorsqu'on soupçonne la substance de n'être pas uniforme et/ou lorsqu'elle provient d'une source mal connue. Le «plan r» peut également être utilisé pour des matières premières végétales. Il est fondé sur la formule
, N étant le nombre d'unités d'échantillonnage. Des échantillons sont prélevés dans chacune des N unités d'échantillonnage de l'arrivage puis mis dans des récipients individuels. Ces échantillons originaux sont envoyés au laboratoire de contrôle où ils sont soumis à un essai d'identité. Si les résultats sont concordants, r échantillons sont choisis au hasard et soumis individuellement à des essais. Si les résultats sont de nouveau concordants, les r échantillons sont groupés pour constituer l'échantillon de dépôt.
Le tableau ci-dessous donne les valeurs de n, p et r selon les différents plans.
Valeurs de n, p ou r |
Valeurs de N |
| |
plan n |
plan p |
plan r |
2 |
jusqu'à 4 |
jusqu'à 25 |
jusqu'à 2 |
3 |
5-9 |
26-56 |
3-4 |
4 |
10-16 |
57-100 |
5-7 |
5 |
17-25 |
101-156 |
8-11 |
6 |
26-36 |
157-225 |
12-16 |
7 |
37-49 |
|
17-22 |
8 |
50-64 |
|
23-28 |
9 |
65-81 |
|
29-36 |
10 |
82-100 |
|
37-44 |