Les épreuves de dissolution in vitro sont utiles pour la mise au point des produits et pour vérifier l'uniformité du procédé de fabrication d'un lot à l'autre après la délivrance de l'autorisation de mise sur le marché. Elles servent aussi à vérifier que la vitesse de libération du principe actif reste constante au cours du stockage. Elles sont également utiles pour contrôler différentes caractéristiques de la préparation, notamment:
- la distribution de la taille des particules, l'état d'hydratation, la forme cristalline et d'autres propriétés des principes actifs à l'état solide;
- les propriétés mécaniques de la préparation elle-même (teneur en eau, résistance à l'écrasement des comprimés, intégrité de l'enveloppe des gélules et de l'enrobage des comprimés, etc.).
Lorsque des épreuves de dissolution in vitro sont utilisées pour le contrôle de la qualité, les détails les concernant doivent être présentés dans la documentation accompagnant la demande d'autorisation de mise sur le marché. Les épreuves de dissolution in vitro et les spécifications de contrôle de la qualité doivent être fondées soit sur les spécifications appropriées de la pharmacopée, soit sur les caractéristiques in vitro des lots d'essai utilisés pour les études d'équivalence. Si un nombre suffisant de lots de validation du procédé à l'échelle industrielle ne sont pas préparés dans la période suivant immédiatement l'approbation, plusieurs lots expérimentaux (de préférence deux ou trois) devront avoir été préparés avant l'approbation selon des méthodes standard, uniformes et bien documentées. La taille de deux de ces lots ne devra pas être inférieure à 100 000 unités ni à 10% de la taille des lots de production prévus. Si un troisième lot est préparé, il pourra être plus petit (par exemple 25 000 unités). Si des lots plus petits sont utilisés, une justification devra être fournie Ces lots expérimentaux seront utilisés pour effectuer à la fois les études de dissolution et les épreuves d'équivalence. Les conditions et les milieux de dissolution devront être pertinents du point de vue physiologique. Lors du choix des méthodes d'essai à utiliser, il est recommandé de commencer par les méthodes classiques de la pharmacopée (appareil à palette ou à panier) et d'essayer d'autres méthodes (appareil à flux continu, etc.) si les premières ne sont pas suffisamment sélectives. Il est recommandé d'établir des profils de dissolution, même lorsqu'il est possible d'utiliser une méthode de la pharmacopée comportant une mesure unique. Dans le cas des produits à libération immédiate, une épreuve de dissolution à mesure unique peut être utilisée aux fins de contrôle de la qualité. Les spécifications relatives à la dissolution des lots ultérieurs seront fondées sur les résultats des épreuves effectuées sur les lots expérimentaux. Il est incontestable que les résultats des essais de dissolution seront plus significatifs si l'on peut démontrer par des études in vivo qu'ils sont capables de refléter des changements importants dans la formulation et/ou le procédé de fabrication, mais les modalités pratiques de cette démonstration font encore l'objet de discussions. Il n'est pas recommandé d'élargir les spécifications de dissolution en se fondant sur le comportement des lots expérimentaux au-delà du point où on ne peut plus admettre l'équivalence entre le produit utilisé dans l'étude et les lots de production ultérieurs.
Les données ci-après doivent être enregistrées et figurer dans la documentation accompagnant la demande d'autorisation de mise sur le marché:
a) résultats des essais comparatifs de dissolution du produit à évaluer et du produit de référence à des intervalles appropriés, déterminés en fonction des caractéristiques du produit et des conditions faisant l'objet de l'étude (ce qui suppose normalement au moins trois prélèvements successifs);
b) pour chaque prélèvement, les données observées, les valeurs individuelles, l'intervalle dans lequel elles se situent et le coefficient de variation (écart type relatif).