Pour certains médicaments et certaines formes galéniques, les données sur la concentration plasmatique en fonction du temps ne permettent pas d'évaluer l'équivalence de deux formulations. Si les études de pharmacodynamique peuvent parfois servir à établir l'équivalence (voir section 11), dans d'autres cas ce type d'étude ne peut être effectué faute de paramètres pharmacodynamiques significatifs mesurables et il faut avoir recours à des essais cliniques comparatifs. Les principes statistiques applicables à ces essais sont les mêmes que pour les études de bioéquivalence. Le nombre de patients à inclure dans l'étude dépendra de la variabilité des paramètres cibles et de la plage d'acceptation. Il est généralement beaucoup plus grand que pour les études de bioéquivalence.
Les méthodes à utiliser pour établir l'équivalence entre médicaments à l'aide d'un essai clinique fondé sur un critère thérapeutique n'ont pas encore été étudiées de façon aussi approfondie que pour les essais de bioéquivalence. Toutefois, les éléments suivants sont importants et doivent être définis dans le protocole:
a) paramètres cibles; ce sont généralement des effets cliniques pertinents, à partir desquels on pourra déterminer l'intensité de la réponse et éventuellement le moment de son apparition;
b) plage d'acceptation; elle doit être définie au cas par cas en prenant en considération les conditions cliniques particulières, par exemple l'évolution naturelle de la maladie, l'efficacité des traitements disponibles et le paramètre cible choisi. Contrairement à ce qui se passe pour les études de bioéquivalence (où l'on applique un intervalle d'acceptation conventionnel), la plage d'acceptation pour les essais cliniques ne peut être fondée sur un consensus général couvrant toutes les classes et indications thérapeutiques;
c) méthode statistique utilisée; elle est fondée sur le calcul de l'intervalle de confiance, le principal souci étant de s'assurer que le produit à évaluer n'est pas «trop» inférieur au produit de référence. Il peut donc être indiqué d'appliquer un intervalle de confiance unilatéral (pour l'efficacité et/ou l'innocuité). Les intervalles de confiance peuvent être calculés à l'aide de méthodes paramétriques ou non paramétriques.
Le cas échéant, un traitement par placebo doit être prévu dans l'étude, et il peut être indiqué dans certains cas d'inclure des critères de sécurité pour l'évaluation comparative finale.