Les médicaments multisources (génériques) doivent satisfaire aux mêmes normes de qualité, d'efficacité et de sécurité que le produit d'origine. En outre, il doit pouvoir être démontré, avec une certitude raisonnable, qu'ils sont cliniquement interchangeables avec les produits théoriquement équivalents présents sur le marché.
Pour certaines catégories de produits, notamment les préparations à usage parentéral de substances très solubles dans l'eau, le respect des bonnes pratiques de fabrication (BPF) et la vérification de la conformité aux normes pertinentes de la pharmacopée suffisent à assurer l'interchangeabilité. Mais pour d'autres produits, notamment beaucoup de préparations biologiques comme les vaccins, les sérums d'origine animale, les dérivés du sang et du plasma humain, ainsi que pour les produits de la biotechnologie, la notion d'interchangeabilité pose des problèmes complexes qui dépasseraient le cadre de ce texte. Ces produits sont donc exclus de l'étude ci-après. Par contre, l'équivalence thérapeutique de la plupart des médicaments présentés comme théoriquement équivalents (notamment la plupart des préparations solides destinées à la voie orale) peut et doit être démontrée, et les résultats de cette évaluation doivent figurer dans la documentation accompagnant la demande d'autorisation de mise sur le marché.
Lors de la Conférence internationale des autorités de réglementation pharmaceutique (ICDRA) qui s'est tenue à Ottawa (Canada) en 1991, ainsi qu'à la réunion de La Haye (Pays-Bas) en 1994, les responsables de la réglementation ont appuyé une proposition selon laquelle l'OMS devrait élaborer des normes et des règles mondiales pour l'évaluation par les autorités de réglementation, l'autorisation de mise sur le marché et le contrôle de la qualité des médicaments multisources interchangeables (génériques). Conformément à ces suggestions, l'OMS a organisé en 1993 et 1994 à Genève trois consultations à l'issue desquelles les présentes lignes directrices ont été rédigées. Ont participé à ces consultations des représentants des autorités de réglementation pharmaceutique, des établissements d'enseignement et de l'industrie, y compris des fabricants de médicaments génériques.
L'objectif de ces lignes directrices n'est pas seulement de fournir une aide technique aux autorités nationales de réglementation et aux fabricants sur la façon d'assurer l'interchangeabilité, mais aussi de faire prendre conscience qu'en cas de non-interchangeabilité, la santé et la sécurité des patients peuvent parfois être mises en péril. Ce danger a été souligné récemment dans une déclaration conjointe du Programme OMS de lutte contre la tuberculose et de l'Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies pulmonaires. Il y est dit notamment que «l'étude d'associations en proportions fixes contenant de la rifampicine a montré que, dans certaines d'entre elles, la rifampicine était peu absorbée ou n'était pas absorbée du tout». La biodisponibilité des associations en proportions fixes contenant de la rifampicine doit donc être démontrée.
Les pays qui possèdent des services de réglementation pharmaceutique bien développés exigent maintenant de façon systématique que la biodisponibilité de la très grande majorité des préparations solides destinées à la voie orale, y compris celles qui figurent sur la Liste modèle des médicaments essentiels de l'OMS, soit démontrée. L'OMS aidera les petits organismes de réglementation, auxquels ces lignes directrices sont principalement destinées, à établir leurs politiques et leurs priorités - tant en ce qui concerne les produits fabriqués localement que les produits importés - en compilant et en tenant à jour une liste de préparations ayant donné lieu à des incidents révélateurs d'une absence d'équivalence clinique. Elle s'efforcera aussi d'encourager l'élaboration d'une base technique pour assurer l'interchangeabilité des médicaments multisources dans un contexte national et international en proposant l'établissement de substances internationales de référence destinées à servir d'étalons pour les épreuves de bioéquivalence.
Les présentes lignes directrices s'appliquent à la mise sur le marché de médicaments annoncés comme thérapeutiquement équivalents et par conséquent interchangeables, bien qu'ils soient produits par différents fabricants (médicaments génériques). Elles devront être interprétées et appliquées sans préjudice des obligations résultant des accords internationaux en vigueur sur les aspects commerciaux des droits de propriété intellectuelle (1).