Les principaux facteurs susceptibles d'influencer le degré et la vitesse de détérioration des médicaments sont les suivants:
a) Facteurs environnementaux: chaleur, humidité, lumière, oxygène et diverses autres formes d'agressions et de modifications physiques (par exemple vibrations, congélation).
b) Facteurs intrinsèques, notamment:
i) propriétés chimiques et physiques du principe actif et des excipients utilisés (par exemple, présence de certaines impuretés, polymorphe ou forme cristalline, granulométrie, présence éventuelle d'eau ou d'autres solvants);
ii) forme pharmaceutique et sa composition;
iii) procédé de fabrication (y compris les conditions environnementales et les techniques employées);
iv) nature du récipient ou de tout autre matériau de conditionnement avec lequel le produit peut être en contact direct ou qui peut d'une autre façon influencer sa stabilité.
Tous les facteurs ci-dessus doivent être pris en compte lors de l'établissement de la durée de conservation d'un produit.
La stabilité du produit fini dépend largement de la stabilité de la substance pharmaceutique qu'il contient. Il faut également noter que la formulation et le conditionnement peuvent exercer une influence positive ou négative sur la stabilité du principe actif.1 On trouvera à la section 5 une liste des substances qui se sont révélées moins stables en conditions tropicales simulées. Tous autres facteurs étant égaux, les produits finis contenant ces substances doivent faire l'objet d'une attention particulière en ce qui concerne leur stabilité.
1 La stabilité d'un produit est par conséquent spécifique du fabricant.
Pour chaque produit, la durée de conservation doit être établie sur la base des essais de stabilité. Pour des raisons pratiques, notamment commerciales, les durées de conservation excédant cinq ans sont à déconseiller. Des durées plus courtes sont à prévoir pour de nombreux principes actifs comme les antibiotiques et les vitamines, ou pour certains types de formes pharmaceutiques, par exemple certaines solutions aqueuses, émulsions ou crèmes. Des produits développés et conditionnés pour les climats tempérés ne conviennent pas nécessairement pour la distribution en zone tropicale.
L'ajustement de la formule en vue d'améliorer la stabilité2 n'est acceptable que dans des cas limités et doit être parfaitement justifié sur le plan scientifique et pratique.
2 Excès de principe actif ajouté au moment de la fabrication dans une forme pharmaceutique, pour compenser la perte prévue d'activité pendant le stockage.
L'emploi de médicaments périmés doit être vivement déconseillé. On ne l'envisagera que dans des cas exceptionnels, par exemple en cas d'urgence. La décision d'utiliser de tels produits peut être prise dans chaque cas particulier par une autorité sanitaire nationale exclusivement et après qu'un spécialiste compétent ait soigneusement pesé tous les facteurs en présence. En de tels cas, des échantillons de produits doivent être retestés du point de vue de leur conformité aux normes de la pharmacopée ou à d'autres normes, par des méthodes indicatrices de la stabilité telles que la chromatographie, en veillant également aux aspects microbiologiques. Il faut peser la perte économique et les risques pour la santé que comporte le rejet d'un stock de médicaments périmés, contre les risques liés à la diminution de leur efficacité et de leur innocuité. On tiendra compte également de la possibilité de disposer d'autres médicaments appropriés et de la possibilité de renouveler les stocks. Il faudra aussi envisager les éventuels problèmes de responsabilité car la responsabilité du fabricant tombe au moment de la date limite d'utilisation. Dans la mesure du possible, on prendra une telle décision après consultation du fabricant et d'experts indépendants. Lorsqu'on décide d'utiliser un produit périmé, il faut établir une nouvelle date limite d'utilisation, bien définie et la plus rapprochée possible.